Derrière son comptoir en Formica, Dominique Hirigoyen reprend du service. Téléphone à cadran à sa gauche et grosse balance de commerce à sa droite, le septuagénaire savoure l’animation retrouvée. Trois ans après la fermeture, son épicerie-bar sert de quartier général de campagne à l’enfant du coin. Serge Blanco, 67 ans, brigue la mairie de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). On ne devrait jamais quitter Saint-Martin, ce quartier en entrée de ville. La légende du rugby français s’y est employée toute sa vie. « J’ai commencé par le foot sur ce terrain en face, affirme-t-il. Je devais passer un essai à Nantes. J’avais 14 ans… Je n’y suis jamais allé. Impossible de laisser ma maman. » Ni Biarritz. « Caracas » reste une ligne sur un état civil, celle de sa naissance d’un père policier vénézuélien mort avant ses 2 ans et de cette mère basque, Odile Blanco.
D’une fidélité infaillible au Biarritz olympique (BO) entre 1975 et 1992, Serge Blanco n’a jamais été récompensé par un titre de champion de France avec son club quand il y jouait. Le rugby offrira en revanche à l’arrière du XV de France un ascenseur social rutilant, ainsi qu’avec l’aide de Serge Kampf, fondateur de l’entreprise Capgemini. Grâce à cet ami, admirateur et mentor, l’ajusteur de Dassault deviendra après sa carrière sportive un entrepreneur prospère, avec un centre de thalassothérapie à Hendaye et sa marque de vêtements. Son nom toujours en tête de gondole.
Il existe un paradoxe Blanco. Soliste génial sur un terrain, il n’oublie jamais de réciter le catéchisme collectif cher au rugby : « Je me suis toujours occupé des autres. Dans mon sport, on n’est rien sans eux. Et c’est ce que je souhaite faire pour ma ville. » Serge Blanco aurait pu s’engouffrer dans l’intervalle politique bien avant. « Cela fait trente ans qu’on dit qu’il va se présenter », sourit son directeur de campagne, Peio Abeberry. En 1989, il décline une place sur la liste du maire gaulliste – et ancien arbitre international –, Bernard Marie.
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