- Donald Trump a présenté à la presse, mardi 19 mai, l’avancée des travaux de sa salle de bal à la Maison-Blanche.
- Un véritable bunker se construit dans l’aile Est du bâtiment présidentiel, afin de protéger au mieux le président et ses invités.
- S’il a promis que le projet ne serait « pas payé par le contribuable », ses ambitions l’ont poussé à changer ses plans, au détriment des Américains.
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Le second mandat de Donald Trump
La nouvelle obsession de Donald Trump fait trembler l’Amérique. Ce mardi 19 mai, le 47e président américain a fait visiter aux journalistes les travaux de la future salle de bal de la Maison-Blanche, qui se situerait dans l’aile orientale du bâtiment. « Un cadeau aux États-Unis d’Amérique »
, a-t-il salué au milieu du chantier colossal, ajoutant que cette salle de réception sera « l’un des plus beaux bâtiments jamais construits dans le pays »
.
Cette salle de bal, le locataire du Bureau ovale la mentionne en moyenne un jour sur trois depuis le début de l’année 2026, a recensé le Washington Post
(nouvelle fenêtre). C’est dire à quel point il en est obsédé. En juillet 2025, le magnat de l’immobilier présentait le chantier du nouveau bâtiment de 8.300 m², pouvant accueillir 1.000 personnes, contre 200 jusqu’alors. Pour décorer ce projet gargantuesque : du marbre et des dorures.
« Le président Trump, et d’autres donateurs patriotes, se sont généreusement engagés à donner les fonds nécessaires pour construire cette structure de 200 millions de dollars »
, soit 172 millions d’euros, précisait alors le communiqué du chantier à son lancement.
Trois mois plus tard, en octobre 2025, Donald Trump fait détruire au bulldozer l’aile orientale du bâtiment présidentiel. Dix mois après la présentation du projet, le coût des travaux n’a cessé de grimper, pour atteindre les 400 millions de dollars, soit 345 millions d’euros. S’il a affirmé à maintes reprises que le projet ne coûterait pas un sou aux contribuables américains, certaines initiatives des républicains viennent partiellement contredire cette promesse.
Tout ça, c’est mon argent et celui de mes donateurs
Tout ça, c’est mon argent et celui de mes donateurs
Donald Trump, président des États-Unis
Les plans ont soudainement changé le 25 avril dernier, lorsque Cole Allen, un professeur de 31 ans, a tiré à plusieurs reprises à l’extérieur de la salle de réception de l’hôtel Hilton de Washington, où se déroulait le traditionnel dîner des correspondants à la Maison-Blanche. La salle de bal est soudain devenue une question de sécurité. Au lendemain de l’assaut du gala de la presse, le manifeste que le suspect aurait envoyé à sa famille, quelques minutes avant de passer à l’acte, a été rendu public par le
New York Post
(nouvelle fenêtre). « Je suis entré avec plusieurs armes et pas une seule personne n’a envisagé la possibilité que je puisse représenter une menace »
, revendiquait l’assaillant.
Après la fusillade, le président américain dénonçait sur son réseau Truth Social : « Cet incident ne se serait jamais produit si la salle de réception, classée ‘top secret’ sur le plan militaire, actuellement en construction à la Maison-Blanche, avait déjà existé. »
Ainsi, ce mardi 19 mai, il a tenu à présenter le chantier d’une salle de bal qui sera bien plus qu’un simple lieu de réception. Il a fait l’éloge des plans d’une véritable forteresse qui accueillera, en toute sécurité, le président et ses futurs invités.
« L’ensemble du toit sera conçu pour l’armée, il est plus haut que pratiquement tout le reste du bâtiment et offre une vue à 360° sur tout Washington »
, a indiqué Donald Trump à la presse. « Le toit de la Maison-Blanche disposera d’une capacité massive en matière de drones. Non seulement il sera à l’épreuve des drones, mais si l’un d’entre eux le percute, il rebondit sans aucun impact. Il sera également conçu comme un port pour drones, de sorte que le toit du bâtiment protège tout Washington »
, a conclu le chef d’État, avant d’assurer : « Tout ça, c’est mon argent et celui de mes donateurs. »
Le Sénat bloque un budget fédéral colossal
Seulement, les généreux donateurs et le compte bancaire du président ne semblent plus être des sources de financement suffisantes pour ce chantier considérable. En effet, le 27 avril dernier, deux jours après le gala de la presse, un groupe de sénateurs républicains, conduit par Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, a proposé une enveloppe de 400 millions de dollars (345 millions d’euros) pour la construction de la nouvelle salle de bal. Une enveloppe dont la source, selon le sénateur, proviendrait des tarifs douaniers – pourtant censurés par la Cour suprême en février dernier – et des recettes des parcs nationaux.
À la mi-mai, les républicains ont déposé un projet de loi prévoyant de réclamer un milliard de dollars (862 millions d’euros) aux élus pour le Secret Service, l’agence de protection des personnalités politiques aux États-Unis. Une enveloppe qui devrait également contribuer aux infrastructures de sécurité liées au projet de la salle de bal : d’épaisses vitres pare-balles, des drones, des systèmes de détection chimique, un poste de sécurité pour visiteurs, de nouvelles technologies pour détecter les armes biologiques, le renforcement contre les incursions aériennes ainsi qu’un dispositif renforcé, consacré à la sécurisation de grands événements à risque. Ce projet de loi a poussé l’opposition à monter au créneau.
« Regardez comme elle est belle » : Donald Trump évoque le chantier de la salle de bal de la Maison BlancheSource : TF1 Info
Le chef des démocrates au Sénat américain, Chuck Schumer, a dénoncé, lundi 18 mai, la volonté des républicains d’utiliser un milliard de dollars de fonds publics pour la construction de la salle de bal à la Maison-Blanche. « Les Américains n’ont pas besoin d’une salle de bal. Ils ont besoin d’être soulagés, ils veulent que le Congrès et leur président s’occupent de la crise du coût de la vie qui s’abat sur les familles à travers le pays »
, a dénoncé le sénateur démocrate dans sa lettre. Les démocrates ont ainsi, samedi 16 mai, retiré le projet de loi présenté par les républicains au Sénat, a révélé le Washington Post (nouvelle fenêtre) au lendemain du vote.Le budget serait donc bloqué en raison de « la nécessité de la coordination de plusieurs agences gouvernementales »
et, par conséquent, « la supervision de plusieurs commissions »
.
Une obsession peu rationnelle
L’administration Trump continue de faire pression sur le Congrès afin d’accélérer les travaux de cette salle blindée « plus indispensable que jamais ».
Mais en décembre 2025, deux mois après le lancement des travaux, l’association National Trust for Historic Preservation portait plainte, estimant que les chantiers entrepris dans la précipitation n’avaient pas respecté les procédures classiques de consultation, notamment au Congrès. Seulement, depuis l’attaque avortée à l’hôtel Hilton de Washington, le département de la Justice a envoyé une lettre d’intimidation à l’organisme chargé de préserver le patrimoine américain, demandant à l’association de retirer sa « plainte frivole »
qui bloque les travaux et, ainsi, mettrait « en grave danger la vie du président, de sa famille et de son staff »
.
Alors que l’inauguration de cette spectaculaire salle de bal a été annoncée pour septembre 2028, soit quelques semaines avant la prochaine élection présidentielle américaine, l’inflation sur un an se situe à 3,8% outre-Atlantique et l’essence a augmenté de 50% depuis le début de la guerre en Iran, déclenchée à la fin du mois de février. « Tout va bien »
, a pourtant assuré Donald Trump ce mercredi 19 mai, affirmant que les États-Unis avaient « atteint des records en bourse »
. Alors que la question du coût de la vie outre-Atlantique figure au cœur des débats et que le milliardaire républicain faisait campagne sur son amélioration avant d’être élu, il semble de plus en plus s’en éloigner.









