- Le nouveau maire RN de Carcassonne a refusé de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie.
- La demande avait été faite pour l’organisation des prochaines élections législatives.
- Christophe Barthès invoque les tensions diplomatiques entre Paris et Alger.
C’est un geste qui a fait polémique. Le nouveau maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé ce jeudi son refus de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie pour l’organisation des prochaines élections législatives.
« Il ne me paraît pas cohérent que la Ville de Carcassonne mobilise ses moyens (…) afin de contribuer à l’organisation d’un scrutin relevant d’un État dont les autorités entretiennent aujourd’hui des
relations particulièrement dégradées
avec la France »,
a écrit l’élu RN dans un message publié jeudi matin sur les réseaux sociaux de la ville (voir ci-dessous).
Un choix politique assumé
Un choix politique assumé
Christophe Barthès
Selon la mairie, le consulat d’Algérie a sollicité la commune pour y installer des bureaux de vote destinés aux ressortissants algériens établis en France, appelés aux urnes pour les élections législatives du 2 juillet.
Pour justifier sa décision, le maire cite notamment le sort de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste sportif français Christophe Gleizes. Le premier a été détenu pendant un an en Algérie, entre novembre 2024 et 2025, une expérience qu’il raconte dans son dernier ouvrage La Légende,
dont la parution chez Grasset a suscité la controverse dans le milieu de l’édition. Le second, toujours détenu depuis mai 2024, vient d’être symboliquement accrédité par la Fédération internationale de football pour le Mondial qui a débuté ce jeudi.
Christophe Barthès, élu en mars dernier face à une liste de droite et une autre d’union de la gauche, affirme que sa décision « ne vise en aucun cas »
les Algériens de Carcassonne, mais constitue « un choix politique assumé »
à l’égard du « régime algérien ».
Depuis son élection, le nouveau maire a suscité diverses polémiques. Il avait par exemple décroché le drapeau européen de la façade de la mairie, signé un arrêté anti-mendicité, ou encore demandé à plusieurs syndicats de quitter des locaux municipaux que certains occupaient depuis des dizaines d’années.
Récemment, plusieurs maires RN nouvellement élus ont fait parler d’eux. À Castres (Tarn), Florian Azéma a fait annuler la pièce de théâtre Passeport
, d’Alexis Michalik, qui conte les pérégrinations d’exilés dans la « jungle » de Calais. À Carpentras (Vaucluse), l’hymne vichyste « Maréchal, nous voilà ! » a été diffusé dans les haut-parleurs de la ville lors des commémorations du 8 mai 1945. Le maire Hervé de Lépinau avait plaidé la « manipulation politique ».









