- L’IA est en train de bouleverser le monde de la musique, qui doit composer avec des artistes… qui n’existent pas.
- Ils sont de plus en plus présents sur les plateformes de streaming, et de plus en plus difficiles à déceler.
- Une situation qui pose des problèmes de droit et constitue une menace économique pour les vrais musiciens.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
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Ces faux artistes qui envahissent les plateformes de streaming et les réseaux sociaux sont de plus en plus difficiles à repérer, comme le montre la chronique des Vérificateurs dans la vidéo ci-dessus. C’est le cas de PVNDV, un « chanteur » charismatique, qu’on voit pousser aux larmes un public conquis. Mais tout est faux, l’artiste comme son public. Cette vidéo, comme des milliers d’autres, a été fabriquée par intelligence artificielle – ce qui n’est stipulé nulle part. Comment démasquer la supercherie ?
Erreurs typiques de l’IA
Il faut d’abord se concentrer sur les détails, où on peut repérer des erreurs typiques de l’IA. Là, on s’aperçoit en zoomant sur un brassard que le mot « police » est mal orthographié, et que certains visages dans la foule sont déformés. La musique est artificielle elle aussi, comme le stipule explicitement la plateforme française de musique en ligne Deezer. Des chanteurs francophones virtuels, les Vérificateurs de TF1-LCI en ont recensé des dizaines. L’objectif premier de leurs créateurs est d’accumuler les écoutes pour générer des revenus. La plupart du temps, il ne s’agit que de quelques centaines d’euros. Mais parfois beaucoup plus.
Star virtuelle
C’est le cas de Doz. Lui non plus n’existe pas. Pourtant, il cumule 150 millions de vues sur ses réseaux sociaux. Une fois conquis, les internautes cherchent « l’artiste » sur les plateformes d’écoute de musique, où le chanteur masqué compte 260.000 auditeurs mensuels – soit autant qu’un artiste bien réel comme Benabar. De quoi rapporter à son créateur quelques milliers d’euros par mois, selon nos estimations.
On peut d’ailleurs noter qu’une grande majorité de ces artistes virtuels sont bien souvent masqués. Une façon d’ajouter au mystère de leur personnage, mais surtout d’éviter des erreurs propres à l’IA sur les visages ou les expressions faciales, qui la rendent plus facilement décelable.
Quel problème y a-t-il à aimer un artiste virtuel ? Rien n’interdit de les écouter, ni de les créer. Mais il y a tout d’abord un enjeu légal. Un nouveau règlement européen impose de signaler tout contenu généré par l’IA, dès lors qu’il génère des gains financiers. Arnaud Di Meglio, avocat spécialisé dans le droit du numérique, précise que le texte admet « que la mention ne doit pas gêner l’appréciation de l’œuvre. Ça peut par exemple être une mention discrète, mais néanmoins visible », résume l’avocat sur son site (nouvelle fenêtre).
Pratique légale mais sous conditions
Si les créateurs de ce type de contenus ne le font pas, l’amende peut atteindre 3% du chiffre d’affaires. Selon Arnaud Di Meglio, elle pourrait aussi constituer une pratique commerciale trompeuse, pouvant être punie de 2 ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende pour la personne physique derrière le projet. Ensuite, c’est une menace économique pour les artistes. Les faux chanteurs pourraient faire perdre aux vrais jusqu’à un quart de leurs revenus d’ici à 2028, en captant une partie toujours plus importante des écoutes.
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