- Adrien Bocquet a été placé le 16 mars sur la liste des personnes sanctionnées par l’Union européenne.
- Cet ancien militaire français est un relais actif et connu de la propagande russe.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Privé de voyage en Europe, Adrien Bocquet ne peut compter désormais que sur son passeport russe. Cet ancien militaire français est connu pour être un relais actif de la propagande du Kremlin dans la guerre en Ukraine. Lundi 16 mars, Jean-Noël Barrot a annoncé des nouvelles sanctions contre des personnes soupçonnées d’« activités de manipulation de l’information »,
dont Adrien Bocquet.
Ce dernier est alors décrit (nouvelle fenêtre) par le ministre des Affaires étrangères comme un « véritable agent de recrutement de combattants étrangers en Ukraine, responsable d’apologie de crimes de guerre et de campagnes de désinformation en Europe et en Afrique ».
Le jeune homme fait donc l’objet d’un gel de ses avoirs en Europe et d’une « interdiction de voyager sur le territoire de l’UE ».
De son côté, le Conseil de l’UE le justifie par le fait (nouvelle fenêtre) qu’Adrien Bocquet s’est démarqué « par ses apparitions sur des sites symboliques de conflit, ses interviews à la télévision russe, ses publications sur son compte X et ses contributions à des médias financés par le Kremlin ».
Une visite de Boutcha totalement inventée
Cet ancien fusilier de l’armée de l’air, ayant servi de 2009 à 2010 puis de 2012 à 2013 selon Libération
(nouvelle fenêtre), se fait connaitre en 2022, quelques mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Adrien Bocquet prétend rentrer de Boutcha et dit avoir assisté sur place à des crimes de guerre commis par l’armée ukrainienne. Il se fait alors inviter sur les plateaux télé pour apporter son témoignage – dont LCI à l’époque. Il est ensuite épinglé pour avoir tout inventé et, face à ces accusations, produit une photo censée prouver sa bonne foi. Comme l’avait relevé franceinfo, l’image s’avère être un photomontage (nouvelle fenêtre).
Cela ne l’empêche pas d’être porté aux nues par les relais de propagande du Kremlin, comme les médias d’État, et d’être présenté comme un « journaliste indépendant ». En parallèle, il publie un livre dans lequel il assure être « le premier handicapé en France qui recouvre l’usage de ses jambes et de son bras droit grâce à l’implant de neurostimulateurs médullaire »
après un accident survenu en 2021, qui l’aurait paralysé.
Après ses déboires en France et ses mensonges dévoilés, Adrien Bocquet trouve logiquement refuge à Moscou puis demande un passeport russe, lors d’une rencontre (nouvelle fenêtre) avec un élu de la Douma, qu’il obtient pour s’installer durablement à Donetsk, dans le Donbass. Ce n’est pas pour autant qu’il ne s’intéresse plus à la France. Son dernier post Telegram en témoigne : il y a deux mois, il assure dans une vidéo (nouvelle fenêtre) en deux parties que « les Français sont ruinés à cause de l’Ukraine »
à cause du détournement des fonds européens envoyés à Kiev. Un argument classique de la propagande prorusse.
Adrien Bocquet a certainement trouvé son public en Russie, puisqu’il continue aujourd’hui d’être invité par des instances locales en tant que « correspondant de guerre ».
Une mise en scène qu’il a lui-même créée sur ses réseaux sociaux où il pose armes à la main, dans le Donbass.
Des fakes news et des « documentaires »
Sur ses réseaux sociaux, et pendant longtemps sur son compte Instagram, il relaye les fausses informations habituelles des sphères prorusses, comme l’achat d’une « villa nazie »
(nouvelle fenêtre) par Volodymyr Zelensky, qui ne reposait sur aucun élément (nouvelle fenêtre). L’ancien militaire reprend également à son compte les arguments du Kremlin, comme lorsqu’il remet en cause (nouvelle fenêtre) l’existence même de l’Ukraine avant 1917. Sur sa chaîne YouTube, il publie par ailleurs des vidéos (nouvelle fenêtre) présentées comme des documentaires, portant notamment sur « l’enfer du Donbass, la vérité cachée ».
Surtout actif sur X et Telegram, Adrien Bocquet poursuit son entreprise de désinformation à propos du conflit en cours. Il se rend également au Mali, comme en juin 2023, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être ciblé par des sanctions européennes. Pour rappel, plusieurs pays du continent sont victimes de campagnes de désinformation prorusse. Autour de lui, gravitent d’autres acteurs identifiés de la propagande russe. C’est le cas d’Anna Novikova, rencontrée en France, et qui n’est autre que la fondatrice de SOS Donbass, une association originaire de Pau et responsable de plusieurs actes d’ingérence russe.
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