- Le 21 janvier dernier, plusieurs maîtres de conférences en école de commerce ont rédigé une étude à propos de la face cachée des tâches illégitimes données aux salariés.
- Cette étude traduit certaines réalités du cliché du stagiaire en charge des cafés.
- Les chercheurs explorent la façon dont les tâches ingrates peuvent impacter les salariés, même si ces dernières sont données sans mauvaise intention.
Aller faire un café, une photocopie ou passer les slides d’une présentation PowerPoint : autant de tâches considérées comme ingrates et qui sont parfois réclamées sans mauvaise intention. Dans une étude baptisée La face sombre des tâches illégitimes : comment les motivations de vengeance et l’identité morale façonnent le silence déviant
, parue dans la revue
Sage Journals
(nouvelle fenêtre) le 21 janvier 2026, cinq professeurs enseignant en écoles de commerce se sont intéressés à l’impact de ce type de tâches sur les salariés, souvent surdiplômés.
Quelles sont les tâches perçues comme ingrates ?
Selon la synthèse de ces travaux parue dans The Conversation
, (nouvelle fenêtre) entre 30 et 50% des salariés doivent effectuer des tâches sans lien avec leur poste ou leur expertise professionnelle. Elles sont particulièrement fréquentes dans les environnements « à forte surcharge de travail et où les rôles sont flous ». Dans le premier cas, les managers ont tendance à trop déléguer, tandis que dans le second, le cadre mal défini devient propice au fait de confier des activités ne relevant pas des compétences officielles.
Les employés considèrent une mission injuste lorsqu’ils constatent un décalage avec leur rôle. Elles relèvent donc de la perception de celui qui reçoit la demande, et non de celle du responsable. C’est pourquoi Rahman Khan, Ghulam Murtaza et Qurat-ui-ain Taipur, les principaux auteurs de l’étude, évoquent le fait que ces tâches peuvent être données sans mauvaise intention. Cela ne veut toutefois pas dire qu’elles n’impactent pas les salariés puisque certains peuvent notamment « se sentir méprisés dans leur identité professionnelle »
.
Comment la réalisation de ces tâches impacte les salariés
Ce sentiment de mépris peut mener à un mutisme vis-à-vis des supérieurs. Il s’agit du principal problème identifié par ces maîtres de conférences qui pointent alors un manque de communication, mais aussi un désengagement de la part des salariés. À la longue, certains peuvent aussi être sujets à un épuisement émotionnel et une baisse de leur bien-être. Ainsi, la façon dont les tâches sont déléguées illustre la perception des employés au sein d’une structure organisationnelle.









