Près de la moitié de l’uranium enrichi à 60 % iranien stocké à Ispahan, selon Rafael Grossi, le directeur de l’AIEA
Près de la moitié de l’uranium iranien enrichi jusqu’à 60 %, soit à un niveau proche de la qualité militaire, était stockée dans un complexe de tunnels à Ispahan et s’y trouverait probablement encore, a déclaré lundi, à BFM et France 24, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi.
Selon lui, ce complexe souterrain est la seule installation qui ne semble pas avoir été gravement endommagée lors des frappes menées en juin 2025 par Israël et les Etats-Unis contre des sites nucléaires iraniens.
Des diplomates affirment depuis longtemps que le site d’Ispahan sert à stocker de l’uranium enrichi à 60 %. L’AIEA l’a confirmé dans un rapport adressé à ses Etats membres le mois dernier, sans toutefois préciser les quantités présentes.
L’agence estime qu’au moment des premières frappes israéliennes, en juin, l’Iran possédait 440,9 kilos d’uranium enrichi à 60 %. Selon les critères de l’AIEA, un enrichissement supplémentaire de cette quantité permettrait d’obtenir la matière fissile nécessaire à la fabrication d’une dizaine d’armes nucléaires. « Nous pensons qu’Ispahan contenait, lors de notre dernière inspection, un peu plus de 200 kilos – peut-être légèrement davantage – d’uranium enrichi à 60 % », a déclaré Rafael Grossi, à Paris. Il a précisé que ce stock se trouvait « principalement » à Ispahan, ajoutant qu’une partie du matériel conservé ailleurs pourrait avoir été détruite.
« L’hypothèse la plus répandue est que la matière s’y trouve toujours. Nous n’avons pas observé – et je pense que tous ceux qui surveillent l’installation par le biais des images satellites ou d’autres moyens non plus – de mouvements indiquant que ce matériel aurait été transféré », a-t-il ajouté.
Depuis les attaques de juin, l’Iran n’a pas informé l’AIEA de la situation ni de l’emplacement de son uranium hautement enrichi et n’a pas non plus autorisé les inspecteurs de l’agence à retourner sur les installations bombardées.
En juin, Donald Trump avait affirmé que les frappes américaines avaient « anéanti » ce programme. L’AIEA indique toutefois ne disposer d’aucune indication crédible d’un programme coordonné visant à fabriquer une arme nucléaire.
Les trois usines d’enrichissement d’uranium iraniennes connues pour être en activité – deux à Natanz et une à Fordo – ont été détruites ou gravement endommagées lors des frappes de juin. « Il y a également une certaine quantité [d’uranium à 60 %] à Natanz, qui, selon nous, s’y trouve toujours », a conclu Rafael Grossi.










