En décembre 2021, le monde est encore plongé dans la pandémie de Covid-19 et les relations géopolitiques se sont déjà largement dégradées. Lors d’une conférence économique à Pékin, Xi Jinping appelle à accélérer la préparation de réserves dans tous les domaines importants, des céréales aux hydrocarbures. « Pour un grand pays comme la Chine, s’assurer un approvisionnement en biens essentiels est une question stratégique majeure, fait valoir alors le président chinois. Nous devons renforcer le système de réserves nationales stratégiques pour couvrir nos besoins minimaux dans les moments critiques. »
Dans le passé, le pays a connu les privations. La famine du Grand Bond en avant a fait des dizaines de millions de morts à la fin des années 1950 sous Mao Zedong. En raison de l’importance de sa population, la Chine est aussi devenue structurellement dépendante de certaines importations depuis que son économie a décollé. C’est le cas du soja pour nourrir les porcs et permettre que les Chinois mangent de la viande mais aussi de sa consommation de pétrole.
Entrée dans sa troisième semaine, la guerre que mènent les Etats-Unis et Israël à l’Iran s’installe dans la durée et teste les nerfs des grandes économies asiatiques. La Chine en particulier, premier importateur de pétrole de la planète, est fortement exposée au blocage de fait du détroit d’Ormuz. Si le pays extrait de son sol un peu plus d’un quart du pétrole qu’il consomme, il achète le reste à l’étranger – notamment à la Russie, au Brésil ou à l’Angola –, surtout aux Etats du golfe Arabo-Persique qui couvrent 35 % de ses besoins.
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