Des patrons qui dérapent, ce n’est pas une nouveauté. Au début des années 1990, Gerald Ratner, à la tête de la première chaîne de bijouteries au Royaume-Uni, avait coulé son entreprise en blaguant sur le fait qu’il vendait de la « merde ». Forcément, les clients l’avaient mal pris. Depuis, l’« effet Ratner », consistant à dévaloriser ses propres produits, est considéré comme un cas d’école. L’« effet Papperger », du nom du PDG de Rheinmetall, restera-t-il aussi dans les annales ? Ou comment se tirer une balle dans le pied par excès d’arrogance.
Dans un article paru vendredi 27 mars dans le magazine The Atlantic, Armin Papperger, le patron fort en gueule du fabricant allemand de chars et d’obus, s’est montré à la fois tellement sexiste et d’un tel mépris envers les Ukrainiens et leurs armes que Rheinmetall a dû faire amende honorable. « Ils innovent avec leurs petits drones, et ils s’exclament : “Waouh !” (…) Mais ce n’est pas la technologie de Lockheed-Martin, de General Dynamics ou de Rheinmetall », y déclare le PDG, plein de dédain pour des engins produits par des « femmes au foyer » grâce à des « imprimantes 3D dans leur cuisine ».
La déclaration a fait bondir en Ukraine. « Si toutes les femmes au foyer ukrainiennes sont vraiment capables de fabriquer des drones, alors elles pourraient toutes devenir PDG de Rheinmetall », a rétorqué, lundi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de retour d’une tournée au Moyen-Orient pour offrir sa très convoitée technologie antidrones. « Je félicite notre complexe militaro-industriel d’avoir atteint un tel niveau. »
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