- Il est plus que probable que l’Islande ne reprenne pas les négociations d’adhésion à l’Union européenne.
- Le « non » devance en effet le « oui » de cinq points dans le référendum organisé samedi dans le pays insulaire nordique.
- Seule reste à compter une partie des bulletins d’un district électoral penchant déjà vers le « non ».
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
L’Islande ne devrait pas devenir le 28e pays membre de l’Union européenne. Les habitants du pays insulaire nordique étaient appelés aux urnes samedi 29 août pour se prononcer lors d’un référendum portant sur la reprise des discussions avec Bruxelles, interrompues en 2013. Les électeurs étaient plus précisément invités à répondre à la question suivante : « L’Islande doit-elle rouvrir les négociations d’adhésion avec l’Union européenne? »
.
Des négociations qui, selon toute vraisemblance, ne reprendront donc pas : le « non » a pris une avance quasi impossible à combler dans les comptages ce dimanche. Alors que le dépouillement touchait à sa fin, le « non » devançait le « oui » de 5 points, à 52,5 contre 47,5%, selon le pointage en direct de la télévision publique RUV.
Un coup dur pour l’UE
Seule reste à compter une partie des bulletins d’un district électoral penchant déjà vers le « non ». « La nation rejette les négociations d’adhésion à l’UE »
, conclut RUV sur son site internet. Sauf énorme surprise, c’est un coup dur pour l’UE qui aurait vu d’un bon œil une candidature de l’Islande et semblait prête à des compromis pour qu’elle entre dans ses rangs. Mais toute discussion sur une adhésion de la riche île de l’Atlantique Nord serait gelée au moins jusqu’en 2028 en cas de rejet par les électeurs, comme l’a assuré la Première ministre islandaise Kristrun Frostadottir.
En 2009, dans le sillage de la crise financière qui avait terrassé son économie, le pays de près de 400.000 habitants avait déposé sa candidature, mais les discussions avaient été interrompues en 2013 avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique. Toutefois, l’Islande reste aujourd’hui étroitement associée à l’UE via son appartenance à l’Espace économique européen (EEE) et à l’espace Schengen, notamment. Des liens qui resteraient inchangés.
La Première ministre a voté « oui »
C’est dans un contexte de tensions internationales croissantes que l’actuel gouvernement conduit par la sociale-démocrate Kristrun Frostadottir souhaitait sonder la population sur l’opportunité d’explorer une intégration plus poussée. Formellement, le référendum a une valeur consultative, mais le gouvernement s’est engagé à en respecter l’issue, quelle qu’elle soit. Il a convoqué une conférence de presse dimanche pour évoquer les suites qu’il compte lui donner.
La campagne a surtout porté sur des enjeux économiques et intérieurs, même si la guerre en Ukraine et les visées de Donald Trump sur le Groenland voisin, que le président américain a plusieurs fois confondu avec l’Islande, ont donné au scrutin une dimension géopolitique. La consultation « a permis de relancer le débat sur l’Union européenne, sur la place de l’Islande dans le monde et, plus largement, sur son positionnement géopolitique »
, a déclaré Kristrun Frostadottir samedi. « Tout ira bien aussi si le non l’emporte »
, a-t-elle affirmé, après avoir voté « oui »
dans une école de Reykjavik. Si le « oui » l’avait emporté, l’Islande aurait repris ses négociations avec l’UE, notamment sur l’épineuse question de la pêche, pilier économique du pays et marqueur de l’identité nationale, dont Reykjavik disait vouloir garder la maîtrise