- Le département du Cher abrite un patrimoine historique et culturel unique.
- La petite ville d’Aubigny-sur-Nère a en effet connu trois siècles de présence écossaise.
- De châteaux en abbayes, la région cultive aujourd’hui une identité entre histoire et création contemporaine.
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Le 13H
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Aubigny-sur-Nère (Cher) conserve la mémoire d’un passé singulier : pendant trois siècles, cette ville du nord du Berry a été « une terre écossaise, avec le droit de battre monnaie écossaise »
. Une véritable enclave de l’Écosse au milieu de la France. Robert Amyot-MacKinnon, habitant de la cité qui nous la fait visiter dans le reportage ci-dessus, incarne aujourd’hui cet héritage vivant.
Cette présence écossaise remonte au XVᵉ siècle, en pleine guerre de Cent Ans. Le roi de France Charles VII, installé à Bourges, fait appel à son allié écossais au nom de l’Auld Alliance, un traité qui stipulait « que si l’une ou l’autre nation avait besoin d’aide, on lui portait secours »
, raconte Robert au micro de TF1. En 1423, en remerciement pour l’aide militaire reçue, Charles VII offre la ville d’Aubigny à un des chefs de l’armée écossaise, Jean Stuart de Darnley. Ses descendants y érigèrent un château au début du siècle suivant, que l’on peut visiter jusqu’à aujourd’hui.
Des kilts made in France
En jouant de la musette dans ses rues, Robert Amyot-MacKinnon repeint toute la ville aux couleurs écossaises, jusqu’à la boîte aux lettres, qui affiche le jumelage entre Aubigny et la ville écossaise d’Haddington. Selon lui, donner cet endroit était très astucieux : les Écossais passaient du statut de mercenaires à celui de propriétaires seigneurs du lieu, avec un titre et des fiefs. À Vailly-sur-Sauldre, à 17 kilomètres à l’est d’Aubigny, Chrystel perpétue cette tradition écossaise d’une manière inattendue. Depuis une quarantaine d’années, cette Française convertie à la cause écossaise fabrique des kilts dans son atelier berrichon. Elle compte des clients venus du monde entier, beaucoup de France, de Belgique… et même quelques Écossais.
30 heures de travail pour un kilt
Il faut 30 heures de travail pour réaliser un seul kilt en tartan, ce tissu à carreaux caractéristiques. « Le tartan désigne à la fois les carreaux et un tissage qui fait qu’à l’intérieur des carreaux, il y a une diagonale »
, explique la couturière. Ce motif peut varier à l’infini et servait de moyen ancestral pour se reconnaître entre clans écossais, comme une carte d’identité en forme de kilt. Chrystel est l’épouse de Robert, ce qui en fait l’homme le mieux habillé du monde.
À 25 kilomètres au sud-est d’Aubigny, à Neuvy-Deux-Clochers, se trouve un lieu étonnant : la « cathédrale de Jean Linard », un artiste natif de la région, potier et céramiste. En 1983, il se lance dans l’œuvre de sa vie. Des milliers de petits carreaux de faïence habillent des centaines de créatures sorties de son esprit. Ce sanctuaire d’art brut, que l’artiste qualifiait de « cathédrale œcuménique »
ou « multireligieuse »
, est devenu un lieu de visite qui inspire les regards.
En remontant sur Aubigny, nous effectuons un crochet par Oizon, où se dresse le château de la Verrerie, une autre propriété de la famille Stuart d’Écosse, au bord d’un lac de 10 hectares. La chapelle du château abrite des fresques vieilles de 500 ans, représentant les apôtres et le Christ, qui n’ont jamais été restaurées, un cas rarissime en France. Béraud Stuart, capitaine de la garde écossaise auprès du roi de France, fut l’un de ses propriétaires. Dans le parc du château se tient une exposition d’art contemporain. William Roobrouck, un artiste venu de Belgique, se dit fier d’être présent dans cette région « aux beaux châteaux »
. Pour les propriétaires actuels, c’est le moyen de faire vivre leur patrimoine au 21ᵉ siècle, en faisant revivre différemment ce paysage serein et permanent.
Retrouvez l’intégralité du reportage de TF1 dans le Berry dans la vidéo en tête de cet article
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