- Souvent considéré comme une nuisance, le pigeon n’a pas toujours été impopulaire.
- Il fut notamment un allié précieux de l’armée française durant la Première Guerre mondiale.
- Ses capacités cognitives et sensorielles exceptionnelles surprennent encore les scientifiques, montre ce reportage de TF1.
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Le 20H
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« Sale », « moche »
: le pigeon des villes n’a pas bonne presse auprès des habitants, comme le confirment les passants interrogés dans le reportage du 20H ci-dessus. « C’est comme un rat qui vole »
, estime une jeune femme. « Des fois, ils ont des moignons à la place des pattes »
, sourit une autre. Un homme condescend à les aimer… « rôti avec des petits pois »
. Pourtant, cette mauvaise réputation est récente. Si cet oiseau vit aujourd’hui dans nos centres urbains, c’est parce que l’homme l’a domestiqué il y a des milliers d’années. Il est aujourd’hui considéré comme féral, c’est-à-dire retourné à l’état sauvage.
Ses pattes abîmées, souvent prises pour des signes de maladie, résultent en réalité de « cheveux, ficelles ou fils de sacs poubelle qui s’enroulent autour de ses doigts »
et « forment un garrot »
, précise Sébastien Moreau, un vulgarisateur scientifique spécialisé en intelligence animale. Car, loin d’être stupide, le pigeon possède en fait des capacités cognitives impressionnantes.
« On s’est aperçu qu’en fait les pigeons sont capables de reconnaître les humains individuellement, mais aussi de différencier les hommes des femmes, qu’ils reconnaissent nos expressions faciales »
, explique le scientifique au micro de TF1. Les pigeons sont également « capables de créer des catégories, des concepts »
. Ce qui leur permet par exemple d’identifier les vélos comme tels, ou des voitures, l’équivalent de ce que nous faisons avec des mots. Des chercheurs japonais ont même démontré qu’il pouvait distinguer un Monet d’un Picasso avec 90% de réussite.
Leur vision panoramique à 340 degrés leur permet par ailleurs de percevoir des milliers de teintes, jusqu’aux ultraviolets. Son corps est mieux équipé qu’un cockpit d’avion : il repère le champ magnétique terrestre et s’oriente grâce au soleil et aux odeurs. Enfin, il est capable de parcourir plus de 1.000 kilomètres pour retrouver son pigeonnier, une qualité qui en a fait jadis un messager incomparable.
Un héros militaire devenu cobaye scientifique
La technique est connue depuis l’Égypte antique. Si elle s’est peu à peu étiolée, la Première Guerre mondiale l’a remise au goût du jour. 40.000 pigeons voyageurs ont servi l’armée française, remplaçant radios et téléphones pour transmettre des messages urgents depuis le front. Le plus célèbre, le pigeon Vaillant
(matricule 78715), reste le plus décoré de France pour avoir transmis en 1914 un appel au secours crucial d’un commandant dont les troupes étaient attaquées aux gaz. À Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) subsiste le dernier colombier militaire d’Europe, où on entraîne encore 200 pigeons voyageurs de l’armée de terre. Ces oiseaux participent à des compétitions et testent des balises GPS, exploitant leurs capacités de repérage exceptionnelles.
Même le pigeon des villes, qui appartient à la même famille, rend encore service à la science : ses plumes, capteurs naturels de métaux lourds, permettent aux chercheurs de cartographier la pollution urbaine parisienne. Des scientifiques néerlandais s’inspirent même de l’agencement de ses plumes en vol pour développer des avions plus stables et économes en carburant. De quoi reconsidérer ce volatile trop vite jugé.
Retrouvez l’intégralité du reportage de TF1 sur les qualités méconnues du pigeon dans la vidéo en tête de cet article
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La rédaction de TF1info | Reportage : Tiphaine LEPROUX, Cléa JOUANNEAU et Dado DIAWARA