- La chambre basse du Parlement allemand a adopté ce vendredi un dispositif de retraite privée par capitalisation.
- Tous les enfants recevront dix euros par mois entre leurs 6 ans et leurs 18 ans, placés en Bourse.
- La mesure, selon les estimations du gouvernement, leur rapportera 53.000 euros à l’âge de 65 ans.
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L’Allemagne va-t-elle inspirer la France ? Alors que plusieurs candidats à l’élection présidentielle proposent d’instaurer une dose de capitalisation pour financer les retraites, les députés allemands ont adopté ce vendredi 16 octobre un dispositif inédit de retraite privée par capitalisation pour les mineurs : la « Frühstartrente » (épargne retraite commencée tôt). L’État allemand mise sur les placements à long terme en Bourse pour constituer dès l’enfance un complément de retraite.
L’État versera ainsi dix euros par mois et par enfant entre 6 et 18 ans sur un compte individuel investi sur les marchés financiers. Parents et grands-parents pourront compléter ces versements. « En commençant tôt, beaucoup d’argent peut s’accumuler au fil des décennies »
, a expliqué le ministre des Finances social-démocrate Lars Klingbeil. Selon lui, les seuls versements publics pourraient amener la valeur du dépôt à environ 53.000 euros à l’âge de 65 ans, et jusqu’à 160.000 euros si parents ou grands-parents ajoutent 20 euros par mois. L’État ne versera pourtant que 1.440 euros par enfant, en nominal, sur douze ans.
400 millions d’euros de coût en année pleine
Les 53.000 euros annoncés supposent que cet argent rapporte en moyenne des intérêts de 7% par an, qui se cumulent : ainsi l’abondement de l’État serait porté à environ 2.200 euros à 18 ans, puis continuerait à fructifier jusqu’à 65 ans, sans nouveau versement. Le tout va dépendre de l’évolution des marchés pendant plusieurs décennies. Après prise en compte d’une inflation moyenne de 2%, les 53.000 euros ne représenteraient plus qu’environ 20.000 euros en pouvoir d’achat actuel.
La réforme intervient alors que le vieillissement démographique met sous pression le système allemand de retraite par répartition, financé par les cotisations des actifs. Berlin cherche ainsi à développer l’épargne privée pour compléter les pensions publiques. Le coût de la nouvelle aide pour l’État est évalué à 198 millions d’euros en 2027, puis devrait atteindre 411 millions en 2030.
Au Bundestag, la chambre basse du Parlement, les partis d’opposition de gauche, Les Verts et Die Linke, ont voté contre le dispositif qu’ils estiment socialement inégal, les familles les plus aisées pouvant abonder davantage les comptes de leurs enfants. Le parti d’extrême droite AfD s’est quant à lui abstenu. La mesure doit démarrer avec les enfants nés en 2020, avec effet rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2026.