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Mort de Cédric Chouviat : six ans après, trois policiers jugés pour homicide involontaire à partir de ce lundi

Espace PresseBy Espace Presseoctobre 26, 2026
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  • Mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat, trois policiers doivent être jugés à partir de ce lundi au tribunal de Paris.
  • Ce livreur de 42 ans est décédé en janvier 2020 après avoir été plaqué au sol sur le ventre, lors d’un contrôle routier qui a tourné au drame.
  • Les avocats des deux parties demandent toutefois le report de l’audience, et ceux de la famille Chouviat remettent en cause la qualification choisie par les magistrats.

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Plus de six ans après le drame, la justice devrait rendre son verdict. Dans le cadre de l’enquête sur la mort de Cédric Chouviat lors d’un contrôle routier qui a dégénéré en janvier 2020, trois policiers doivent être jugés (nouvelle fenêtre) à partir de ce lundi 26 octobre au tribunal de Paris pour l’homicide involontaire de ce livreur de 42 ans. La tenue du procès reste toutefois incertaine : tous les avocats, de la défense comme des parties civiles, vont demander son report. 

En décembre 2024, trois des quatre policiers sur place lors de ce contrôle routier parisien avaient été renvoyés en correctionnelle pour homicide involontaire. Une qualification contestée par les avocats de la famille du livreur, qui souhaite aussi que tous les quatre fonctionnaires soient jugés.

Les policiers affirment ne pas avoir entendu ses supplications

Les faits remontent au 3 janvier 2020. Ce jour-là, Cédric Chouviat est contrôlé par quatre policiers alors qu’il circule en scooter, téléphone à la main, dans le 7e arrondissement de Paris. Très vite, le ton monte et la situation s’envenime. Le père de famille est arrêté « pour outrage » et plaqué au sol sur le ventre, casque sur la tête. Sur les vidéos, dont celle qu’il a lui-même filmée, il répète « j’étouffe » à neuf reprises (nouvelle fenêtre), pendant 13 secondes, sans être entendu par les policiers. Il est ensuite victime d’un malaise et décède deux jours plus tard (nouvelle fenêtre) à l’hôpital européen Georges-Pompidou, où il avait été transporté en urgence vitale.

L’un des principaux prévenus, alors âgé de 33 ans, a amené Cédric Chouviat au sol après une clé d’étranglement, une technique depuis prohibée (nouvelle fenêtre). Son souvenir de l’interpellation est « flou », selon l’ordonnance consultée par l’AFP. « On était dans une position tordue. Dans mon souvenir, j’ai passé mon avant-bras droit sous le casque (…) J’ai fait attention à ne pas exercer une pression trop forte sur lui », a-t-il assuré. Il a aussi déclaré que le malaise de la victime (nouvelle fenêtre), constaté par ses deux collègues après son menottage au sol, l’avait plongé dans un état de « sidération ».

Tous les policiers mis en cause assurent ne pas avoir entendu les supplications de Cédric Chouviat, qui rappellent la mort de George Floyd, un Afro-Américain étouffé par un policier blanc en mai 2020 à Minneapolis (nouvelle fenêtre), devenue un symbole des violences policières. Ils « ont agi dans le cadre d’une interpellation difficile sur un axe de grande circulation », a affirmé à l’AFP Me Pauline Ragot, l’une des avocates de deux des policiers mis en cause, dont celui ayant pratiqué la clé d’étranglement. Cette interpellation était selon elle « légitime » et « à aucun moment, ils n’ont pu percevoir sa détresse physique (nouvelle fenêtre)« . 

Une « hérésie juridique » pour les avocats de la famille

À l’inverse, la Défenseure des droits avait estimé, dans une décision rendue publique en avril 2026, que les policiers avaient eu un « comportement non adapté, négligent et imprudent » et recours à « un usage disproportionné de la force » (nouvelle fenêtre). Les avocats de la famille du livreur vont quant à eux contester la qualification d’« homicide involontaire » retenue par le juge d’instruction et soulever l’incompétence du tribunal dès l’ouverture de l’audience, a expliqué vendredi Me Arié Alimi, l’un des trois avocats de la famille, lors d’une conférence de presse dans les locaux de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). 

« Étrangler debout, étrangler au sol (…) l’entendre dire Je m’étouffe, je m’étouffe (nouvelle fenêtre), continuer à l’étouffer et à l’écraser… C’est quelque chose qui n’est pas volontaire ? », a-t-il lancé, voyant dans le choix des magistrats une « hérésie juridique ». « Les parties civiles ont déjà multiplié les incidents (…) pour soulever l’incompétence du tribunal et tenter de monopoliser le débat judiciaire en muselant la défense des policiers », a estimé de son côté Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat d’un des principaux mis en cause. 

Ce dernier compte également demander le renvoi de l’audience « afin que chacun puisse sereinement s’exprimer ». Par ailleurs, les avocats de la famille comme ceux de la défense estiment à l’unisson que la durée du procès, prévu sur deux demi-journées, est largement sous-dimensionnée.

La famille de Cédric Chouviat, elle, a fait part de sa douleur. « J’ai une colère envers » les quatre policiers impliqués dans le contrôle, « elle n’engage que moi et elle ne s’arrêtera jamais », « je mourrai avec », a résumé son père Christian Chouviat, dans les locaux de la LDH. Depuis ce drame, les violences policières se sont reproduites « encore et encore », selon sa fille Sofia Chouviat, qui espère faire de cette affaire un « symbole de réconciliation ».

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