- Dans le Nord, un chantier hors norme tente de faire renaître un vaisseau de guerre du XVIIᵉ siècle.
- Porté par une poignée de passionnés, le projet titanesque mobilise savoir-faire ancestraux et techniques d’époque.
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Le 20H
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À Gravelines (Nord), une immense carcasse de bois émerge de la brume. Depuis plus de vingt ans, l’association Tourville s’attelle à un défi fou : reconstruire un navire de guerre de la flotte de Louis XIV. La réplique s’appellera le Jean Bart
, du nom du célèbre corsaire au service de la France durant les guerres du Roi-Soleil. Jean-Édouard Cardin, charpentier de marine, a repris en 2022 le flambeau de son père Christian, plongeur et hydrogéologue, tombé amoureux des épaves du XVIIᵉ siècle qu’il a découvertes au large du Cotentin dans les années 90. Ce sont deux de ces épaves, celles du Magnifique
et du Saint-Philippe
, qui fournissent le modèle du Jean Bart
.
Les dimensions donnent le vertige : 57 mètres de coque, autant en hauteur, 15 mètres de large. Quatre charpentiers salariés et une poignée de bénévoles passionnés, des retraités aux jeunes apprentis comme Nathan, travaillent d’arrache-pied. Ils s’appuient sur les mesures prises sur les épaves, ainsi que sur des plans laissés par Colbert, véritables notices de montage du Grand Siècle.
Encore 10 à 15 ans de travail ?
Reste à construire 3.500 tonnes de bois, installer 84 canons, déployer 2.500 m² de voilure et creuser un bassin pour accueillir la mer. Le tout avec les techniques de l’époque. Le chantier s’est transformé en village d’artisans, avec sa forge où Christian, bénévole, fabrique des clous géants au rythme de 17 par jour. Chaque année, 100.000 euros sont nécessaires pour le bois, l’acier et les salaires : un tiers vient de dons, le reste du syndicat intercommunal.
Car le Jean Bart attire plus de 20.000 visiteurs par an, séduits par ce projet unique au monde. « Ça me rappelle la forêt de Notre-Dame, comme quantité de bois, c’est unique au monde de voir une chose comme ça »
, réagit l’un d’eux au micro de TF1. Une taverne propose des viandes fumées selon les techniques du XVIIᵉ siècle, quand les cales des navires étaient chargées de vivres conservés. Encore 10 à 15 ans de travail, estime Jean-Édouard Cardin, qui espère voir le navire au nom de corsaire reprendre la mer.
Retrouvez l’intégralité du reportage de TF1 sur le chantier du Jean Bart dans la vidéo en tête de cet article
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