- Deux manufactures centenaires perpétuent aujourd’hui la fabrication artisanale des charentaises, ces pantoufles emblématiques du savoir-faire français.
- Autrefois portées par le personnel de maison pour lustrer les parquets, elles connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt.
- Julie Tomeï nous explique comment bien les choisir.
La charentaise n’est pas une simple pantoufle. Recommandée par les podologues pour son maintien fermé et sa semelle antidérapante, elle se distingue par une fabrication artisanale unique. Pour reconnaître une vraie charentaise, il faut regarder à l’intérieur : si une couture apparaît, c’est que la semelle a été cousue à la main à la tige, selon la technique du cousu retourné. En revanche, la présence de colle trahit une fabrication industrielle. Comptez environ 60 euros pour un modèle authentique, qui se moule progressivement à la forme du pied. Un conseil : choisissez votre taille habituelle, même si le chausson semble serré au début, le tissu se détendra naturellement.
Un patrimoine artisanal menacé
L’histoire de la charentaise remonte à Louis XIV, quand on glissait des restes d’uniformes de la marine de Rochefort dans les sabots pour avoir plus chaud. Au XVIIIe siècle, le personnel de maison adoptait ces chaussons feutrés pour marcher en silence et lustrer les parquets. En 1907, un cordonnier créait la charentaise moderne avec son célèbre imprimé tartan. Mais le secteur s’est effondré : de 150 fabricants il y a 70 ans, il n’en reste que deux aujourd’hui, une entreprise en Charente et une autre en Bretagne. Ces deux manufactures familiales plus que centenaires incarnent désormais à elles seules ce fleuron de l’industrie française.