- Un corps a été découvert, jeudi 4 juin, dans le Gers, probablement celui de la jeune Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 29 mai dernier.
- Plusieurs responsables politiques ont vivement critiqué le système judiciaire, après des révélations sur les différentes procédures visant le suspect Jérôme Barella.
- De la gauche à l’extrême droite, les candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle ont exhorté à des changements profonds.
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L’inquiétante disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers
L’onde de choc de l’affaire résonne jusqu’au monde politique. Plusieurs candidats à l’Élysée, potentiels ou déclarés, ont appelé, jeudi 4 juin, à revoir le fonctionnement de la justice et à mieux prendre en compte la parole des enfants, après la disparition dans le Gers de la jeune Lyhanna (nouvelle fenêtre), dont le corps a probablement été découvert en fin de journée (nouvelle fenêtre). L’homme suspecté de l’avoir enlevée, Jérôme Barella, avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements (nouvelle fenêtre) depuis 2017, notamment pour viol sur mineur.
Les critiques, venues de l’ensemble de l’échiquier politique, se sont multipliées au fil des heures. À l’extrême droite, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a accusé l’État d’avoir « lourdement failli »
avant la disparition de cette enfant de 11 ans, disparue depuis le 29 mai, et affirmé que « le peuple français exige des comptes »
.
Appel à droite à « réforme en profondeur » le système judiciaire
« Toute la France est révoltée par l’inaction des pouvoirs publics, alors que le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà été visé par plusieurs
plaintes et signalements
(nouvelle fenêtre), jusqu’à être incriminé à de nombreuses reprises »
, a-t-il écrit sur le réseau X (nouvelle fenêtre). « Ce drame terrible aurait pu, aurait dû être évité, si l’institution judiciaire n’avait pas connu de tels dysfonctionnements »
, a encore déploré l’eurodéputé, potentiel candidat à l’élection présidentielle et favori des sondages.
« Notre système judiciaire est une faillite, il faut le réformer en profondeur. Une société qui n’est même plus capable de protéger ses enfants est une société dont les membres finiront par se dresser les uns contre les autres »
, a accusé de son côté (nouvelle fenêtre) sur le même réseau le président des Républicains (LR) et candidat pour 2027, Bruno Retailleau, évoquant même une « urgence vitale »
.
Plusieurs dirigeants politiques se sont aussi interrogés sur la prise en compte des témoignages d’enfants (nouvelle fenêtre). « Les premiers éléments connus posent une question terrible : quand la parole d’un enfant est recueillie ou signalée, pourquoi toute la chaîne de l’État ne se met-elle pas immédiatement en alerte ? »
, a questionné (nouvelle fenêtre) Édouard Philippe, le prétendant du parti Horizons (centre-droit). « Il faut créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants »
, avec une « accélération des procédures »
et des « responsabilités clairement établies en cas de défaillance »
, a poursuivi l’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron.
« On a laissé un pédocriminel en toute liberté », tance la gauche
À gauche, la patronne des Écologistes Marine Tondelier, également candidate à l’Élysée, a de son côté fustigé (nouvelle fenêtre) une affaire « symbole d’un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des
violences sexistes et sexuelles
(nouvelle fenêtre)«
. « Par manque de moyens, mais pas seulement »
, a-t-elle ajouté, estimant « qu’on a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes »
. « Notre pays est maltraitant avec les enfants. Il est temps que ça change »
, a-t-elle encore insisté.
Toujours à gauche, la cheffe des députés LFI Mathilde Panot, proche du candidat Jean-Luc Mélenchon, a cinglé quant à elle (nouvelle fenêtre) le « résultat de la domination patriarcale systémique, d’années de sous-financement de la justice, de mépris de la parole des enfants »
. « C’est le résultat surtout du refus politique de prioriser la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes »
, a-t-elle estimé.
Devant ce qui s’apparente à des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reporté un déplacement qu’il devait effectuer vendredi et a annoncé qu’il réunirait les ministres de l’Intérieur et de la Justice. « Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement qui est révélateur, je crois, de notre mauvaise organisation »
, a déclaré le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé mercredi diligenter, avec son collègue à la Justice, une enquête administrative sur d’éventuels dysfonctionnements.









