« Les Français ? Mais ils sont déjà partis tous les Français. » Le soldat de faction devant les grilles, protégées de chaque côté par des contreforts et d’imposantes piles de sacs de sable, ne dira rien de plus, vendredi 13 mars, sur les événements de la nuit. Ici, au Kurdistan irakien, entre minuit et 1 heure du matin, près du village de Mala Qara, deux drones sont venus s’écraser sur la base militaire Black Tiger des forces spéciales de cette région autonome. Tirés quasi simultanément depuis le territoire irakien extérieur, situé à moins de 20 kilomètres à vol d’oiseau, ces deux drones kamikazes ont fait six blessés parmi les officiers formateurs français, et un mort, l’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère). Il s’agit du premier décès au sein de l’armée française depuis le début des frappes américano-israéliennes en Iran, le 28 février.
La base, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil, est sous le commandement direct de Sirwan Barzani, haut responsable des peshmergas (combattants kurdes d’Irak) et cousin de Masrour Barzani, premier ministre du Kurdistan irakien. C’est un lieu d’entraînement vaste et important pour les forces armées du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), qui contrôle toute la zone. Une autre caserne avec un contingent de soldats espagnols, déployé lui aussi dans le cadre de la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI), mise en place en 2014, se trouve à proximité. Les Italiens, eux, sont proches du barrage de Mossoul.
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