• L’exposition au soleil reste le principal facteur de risque de cancer de la peau.
  • Christophe Bedane, médecin cancérologue et professeur de dermatologie à Dijon, répond à nos questions sur les textiles anti-UV.

Robes, tee-shirts, chapeaux, manchons… Les vêtements anti-UV fleurissent dans les rayons, dans les magasins de sport ou de prêt-à-porter. Les marques développent de plus en plus de gammes et les touristes se capitonnent souvent de couches de ces vêtements pour se protéger des rayons du soleil. Les responsables des ventes de Décathlon ou du Vieux Campeur confirment à TF1info que la demande de ce type de vêtements explose. Autrefois réservés à l’univers outdoor, ces équipements s’intègrent désormais à des usages presque quotidiens.

Le Professeur Christophe Bedane, cancérologue et dermatologue, que nous interrogeons dans l’interview ci-dessous, ne tarit pas d’éloges sur ces vêtements anti-UV. Mais le médecin, membre de la société française de photodermatologie, souligne le fait qu’il existe une part de marketing, et que des vêtements classiques peuvent faire l’affaire pour se promener en ville par exemple.

Plus l’indicateur est élevé, plus la protection gagne en efficacité

Les vêtements anti-UV permettent-ils vraiment de nous protéger du soleil ?

Aujourd’hui, les vêtements anti-UV sont efficaces. Ils sont faits en matière synthétique. En Europe, il faut se référer à la norme européenne EN 13758-2. Examinez l’indice UPF (ultraviolet protection factor). Cette protection solaire ressemble à celle des crèmes solaires : elle détermine la capacité du vêtement à absorber les rayons ultraviolets et le niveau de protection qu’il offre. Elle évolue de 0 à 50+. Sur cette échelle, plus l’indicateur est élevé, plus la protection gagne en efficacité. Un vêtement étiqueté 50+ arrête 98% des UV. Le tissage du tissu, serré, dense et potentiellement lourd, empêche les rayons UV d’atteindre votre peau. Si vous évoluez dans un environnement clair (terrasse, sable), le sol renvoie les rayons du soleil vers vous. Ces vêtements vous protègent davantage.

Les vêtements classiques ne suffisent pas ?

Tout dépend de la matière, de la couleur et de la façon dont vous portez votre vêtement. Le lin très fin laisse passer les UV. Le coton épais vous protège suffisamment si vous vous promenez dans une grande ville, il suffit de mettre de la crème solaire sur les parties exposées (chevilles ou dos des mains par exemple). Les zones extrêmement sensibles restent les yeux et la tête. Un chapeau à bord de 5 cm protège bien le visage. Préférez des vêtements amples : si la maille est distendue, les rayons UV peuvent atteindre votre peau. Retenez également que les couleurs foncées absorbent une grande partie du spectre lumineux et des UV. Plus une couleur absorbe de rayons et moins elle en laisse passer jusqu’à votre peau. Les tissus trop étirés, à l’instar des collants en lycra, facilitent la pénétration des rayons du soleil.

Il y a un peu de marketing

Professeur Christophe Bedane, cancérologue et dermatologue

À qui conseillez-vous les vêtements anti-UV ?

Ces vêtements deviennent très intéressants à mettre sur des enfants qui jouent sur la plage ou pour des adultes faisant des allergies solaires ou prenant des traitements photosensibilisants. Ils se destinent également aux personnes qui font des activités de sport ou de loisir avec une forte exposition au soleil (cyclisme, activité nautique, randonnée en haute montagne, etc.) ou en cas d’exposition sous les tropiques. Je constate qu’un certain nombre de sites et de pratiques commerciales se développent. C’est un peu de marketing : je trouve excessif de mettre des gants solaires par exemple.

Geoffrey LOPES

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