La nouvelle fonction de déléguée à la protection des enfants à l’école a été confiée à Cristelle Gillard, inspectrice générale depuis 2018, a annoncé mercredi 1er avril le ministre de l’éducation, Edouard Geffray. Référente sur les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur au sein de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), « c’est une femme qui a une expérience juridique, qui est une spécialiste des violences sexuelles et sexistes », a déclaré le ministre sur RTL.
A partir de jeudi, elle devient adjointe de la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, déléguée à la protection des enfants à l’école. Elle devra « faire en sorte que le scolaire et le périscolaire puissent travailler ensemble », a-t-il ajouté, alors que les révélations d’agressions sexuelles sur mineurs se multiplient, notamment à Paris.
Elle pourra s’appuyer sur les délégués des médiateurs dans les académies, et « tout dysfonctionnement pourra lui être soumis, scolaire et périscolaire ». Pour lui, l’école doit rester une « bulle de sécurité ».
Selon sa fiche de poste, elle pourra « recevoir les réclamations des enfants, via leurs représentants légaux ou leurs témoins, victimes de violences ou de maltraitances de tous ordres commises à l’école, ainsi que les plaintes relatives à une atteinte aux droits et la dignité d’un enfant dans l’espace de son établissement scolaire ou à proximité ».
Quatre-vingt mille informations préoccupantes et signalements chaque année
« Si j’ai créé cette fonction, c’est justement pour (…) qu’on ne puisse pas répondre “chat perché” » entre les communes (en charge du périscolaire) et l’éducation nationale quand une situation est signalée, a expliqué M. Geffray. « Quand les parents viennent se plaindre et qu’on leur répond “ce n’est pas chez nous”, c’est quelque chose que les parents ne peuvent pas entendre ».
M. Geffray avait annoncé en janvier la création de ce poste, que certains avaient critiqué, estimant que la Défenseure des droits existait déjà, en la personne de Claire Hédon, à l’extérieur de l’éducation nationale.
Edouard Geffray a également rappelé que dans le cadre du projet de loi sur la protection de l’enfance sera créée « une liste noire », « c’est-à-dire l’impossibilité pour une personne qui a été écartée de l’éducation nationale en raison de son comportement avec des mineurs et qui n’aura pas été pour autant sanctionnée pénalement » de revenir au sein de l’éducation nationale.
« L’école est le premier lieu où on signale les violences sexuelles notamment intrafamiliales », avec « 80 000 informations préoccupantes et articles 40 [signalements à la justice pénale] faits chaque année », a-t-il également souligné.











