- En matière de santé, les Français supportent un reste à charge moyen annuel de 150 euros.
- Des dépenses essentiellement liées aux équipements médicaux.
- Mais pour certains, la facture peut s’avérer bien plus salée.
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En 2023, en moyenne, les Français ont dépensé 3.150 euros par personne pour leurs frais de santé. Une somme prise en charge à 81% par l’Assurance maladie et 15% par les complémentaires. Résultat : ils ont en réalité payé « seulement » 150 euros de leur poche.
Des chiffres publiés par la Drees (nouvelle fenêtre), jeudi 5 novembre, qui ne prennent toutefois en compte que les dépenses prises en charge – partiellement – par l’Assurance maladie, excluant ainsi certains types de soins (psychologues, pratiques non conventionnelles…) et les médicaments non prescrits.
Ces 150 euros annuels de reste à charge correspondent essentiellement aux équipements médicaux pour l’optique, le dentaire ou les audioprothèses. Ainsi, sur cette somme, 120 euros sont liés à « des équipements dont le prix dépasse les tarifs fixés par la Sécurité sociale »
ainsi qu’à des dépassements d’honoraires des professionnels de santé. Environ 20 euros proviennent des franchises et participations forfaitaires.
Mais ces 150 euros ne représentent qu’une moyenne. Pour certains, la facture annuelle est en réalité bien plus salée : le reste à charge représente 40 euros en moyenne pour 80% de la population, 580 euros pour 20% des Français et jusqu’à 910 euros pour 10% de la population, selon cette étude.
Une facture de plus en plus lourde en fonction de l’âge
Globalement, le montant croît en vieillissant : il est de 80 euros entre 20 et 39 ans, mais atteint 290 euros pour les 70 ans et plus qui ont une consommation de soins beaucoup plus importante et sont souvent couverts par des contrats de complémentaire santé individuels, généralement moins couvrants que les contrats collectifs. Un assuré disposant d’un contrat parmi les moins couvrants a un reste à charge trois fois supérieur, en moyenne, à celui d’un assuré bénéficiant d’un contrat parmi les plus couvrants, souligne l’étude.
Les personnes en affection longue durée (ALD, maladies chroniques) (nouvelle fenêtre) sont remboursées à 100% par la Sécu sur les soins liés à leur maladie, hors dépassements d’honoraires. Pour autant, elles restent exposées aux dépassements et aux tarifs élevés des équipements, ont des dépenses de santé en moyenne sept fois plus élevées et déboursent donc 240 euros annuels. Le coût global individuel de la santé – incluant cotisations des complémentaires, prélèvements obligatoires finançant l’Assurance maladie et reste à charge – représente en moyenne 14% du revenu des ménages.
Le taux d’effort est légèrement progressif : il représente une fraction croissante du revenu à mesure que le niveau de vie s’élève. Mais les taux d’effort les plus extrêmes (top 1%) sont acquittés essentiellement par des ménages modestes. En outre, l’addition des cotisations des complémentaires et des restes à charge représente 4 à 5% du revenu des ménages les plus modestes, contre 2% pour les plus aisés.