- Vues du ciel, ses créations sont magnifiques.
- Jben est l’un des dix meilleurs « beach artists » au monde.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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Le 13H
De loin, il semble se promener sur la plage. L’artiste Jben marche en fait sur sa future toile. Ses œuvres, il doit les réaliser en moins de six heures, le temps d’une marée. Ce jour-là, sur le sable de La Tremblade, en Charente-Maritime, il va créer une fresque gigantesque, de 36 mètres de long sur 26 mètres de large, en partant d’un dessin de quelques centimètres sur une feuille de papier. « On joue avec la nature, elle fait pleinement partie du résultat final
, commente-t-il dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. À marée basse, on a toujours une nappe d’eau qui reste un petit peu, même en dessous du dessin, là, si on a une baïne dessous. C’est toujours intéressant à prendre, parce qu’on va avoir le dessin qui va être entre deux eaux
« .
Les premiers traits sont réalisés avec un manche de râteau, pour pouvoir les effacer en cas d’erreur. « Le truc, c’est qu’il faut toujours rester concentré
, souligne JBen. Quand on perd le fil, après, c’est vrai que ça peut être compliqué de se remettre dedans, donc il faut rester focus et avancer
« . L’immense reproduction se fait quasiment à l’aveugle. Du sol, impossible de voir à quoi ressemble sa fresque, visible uniquement depuis le ciel. « On sait qu’on a une distance sur le papier
, reprend le dessinateur sur sable. On la prend et on essaie de transposer avec des pas. Le bout du râteau, on compare ça au crayon de papier, et finalement, ça, c’est mon feutre
« , montre-t-il. Donc là, je suis en train de repasser tous les traits au feutre, et une fois que c’est fait, on va passer avec un râteau un petit peu plus grand pour faire la partie coloriage
« . Coup de râteau après coup de râteau, les tentacules d’une immense pieuvre attaquant un bateau prennent forme.
Une fresque éphémère : dans deux heures, l’océan l’aura engloutie. « Ça fait pleinement partie du jeu, je pense qu’il faut savoir se détacher de tout ça
, estime Jben. D’ordre général, je suis plutôt content parce que je peux revenir le lendemain avec une toile vierge et recommencer. Et c’est la nature qui me l’offre, que demander de mieux ?
»
Jben fait partie des dix meilleurs dessinateurs sur sable du monde. Il a réalisé une œuvre pour le chanteur Ed Sheeran et travaille pour des entreprises internationales, au Pays-de-Galles, au Portugal ou encore au Brésil, où il a réalisé une fresque de plus de 200 mètres de long commandée par une marque de bière. « On était quand même trois artistes. On a bossé pendant 7h30 de nuit pour arriver au petit matin, où on a eu le temps de faire les images. Et je pense qu’une heure après, la mer était déjà dessus
« , confie-t-il.

Mais ses clients ne sont pas tous des grandes entreprises. « Il y a vraiment des gros projets à l’international aujourd’hui, mais je n’en oublie pas moins mes clients plus locaux pour des demandes en mariage
, souligne le « beach artist ». Les demandes en mariage, j’en ai fait bien une vingtaine. Et ce que je peux dire, c’est qu’elles ont toujours dit oui !
» Sur devis, cette prestation coûte au minimum 1500 euros.

Aujourd’hui, la plupart de ses œuvres naissent chez lui, sur sa tablette ou sur papier. Ancien designer de site internet, Jben a appris cette nouvelle discipline tout seul. Le dessin n’était pourtant pas son point fort. « Je vais vous faire rire, mais moi sur le papier, à la base, je ne suis pas bon du tout
, assure-t-il. C’est plus facile pour moi de le faire directement sur la plage que sur le papier. C’est-à-dire que j’ai une belle météo, j’ai une bonne marée, je pars sur un coup de tête et puis je réfléchis à un truc et je vais improviser sur la plage
. »
Cette passion, l’artiste la partage avec des ateliers ouverts à tous sur la plage, comme vous pouvez le découvrir dans la suite de notre reportage, à regarder en intégralité dans la vidéo en tête de cet article.









