- Lors du Conseil des ministres ce mercredi, le président de la République a demandé au gouvernement de « sécuriser les approvisionnements » de carburant en France.
- En cause ? La reprise des tensions au Moyen-Orient.
- Mais la France en dépend-elle vraiment pour ses importations de pétrole ?
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Moyen-Orient : avec la guerre, les prix des carburants et du gaz s’envolent
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La situation autour des carburants surveillée comme du lait sur le feu. Alors que les prix à la pompe atteignent des records et que les cours du pétrole semblent durablement s’installer au-dessus des 100 dollars le baril (nouvelle fenêtre), le chef de l’État a appelé les ministres à la vigilance ce mercredi 16 septembre. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement sa « totale mobilisation »
sur « l’approvisionnement »
et la « maîtrise des prix »
des carburants, a souligné sa porte-parole Maud Bregeon (nouvelle fenêtre) à l’issue du Conseil des ministres. « L’objectif, c’est vraiment dans les jours et dans les semaines qui viennent pour le président de la République de sécuriser ces approvisionnements, sécuriser les volumes. »
Dans son viseur : le pétrole brut venu d’Arabie saoudite. En raison de la reprise des tensions dans la région, les options du premier exportateur mondial pour livrer son or noir sont de plus en plus limitées, entre un détroit d’Ormuz toujours verrouillé (nouvelle fenêtre), les menaces des Houthis en mer Rouge et la fermeture temporaire d’un oléoduc majeur.
Les importations depuis le Moyen-Orient en forte baisse
Pour l’heure, aucune conséquence n’a été observée en France. D’après les données gouvernementales (nouvelle fenêtre) datées de ce mercredi matin, 91% des stations-service du pays disposent d’essence et de gazole. Moins d’une sur dix subit un problème d’approvisionnement, mais la raison est ailleurs : il s’agit dans la majorité des cas d’indisponibilités de carburants chez TotalEnergies, dont la décision de plafonner les prix (nouvelle fenêtre) a entraîné une ruée des consommateurs vers ses stations au détriment de celles de ses concurrents.
Si la France importe effectivement une partie de son pétrole brut du Moyen-Orient, ce dernier demeure minoritaire. D’après les données de l’Insee (nouvelle fenêtre), en 2025, seules 2,4% des importations du pays provenaient d’Arabie saoudite. Au total, le Moyen-Orient représentait 10,1% du pétrole brut importé par la France. Loin derrière l’Afrique : 11,9% du pétrole brut était importé depuis le Nigéria, 9,4% depuis l’Algérie et 9,4% depuis la Libye. Au total, 36,6% du pétrole brut importé en France provenait du continent africain.
Derrière, l’Amérique du Nord représentait également une part plus importante : 23,1% des importations de pétrole brut, dont 22% rien que pour les États-Unis, principal partenaire commercial de la France en la matière. Suivaient ensuite le Kazakhstan (14,9%) ou encore la Norvège (9,6%). La Russie, qui représentait 3% des importations en 2021, avant l’invasion des troupes de Vladimir Poutine en Ukraine (nouvelle fenêtre), est désormais mise de côté (0%).
Autre élément notable : la France est de moins en moins dépendante du Moyen-Orient. En 2023, 7,8 millions de tonnes de pétrole brut ont été importées depuis cette région (dont 3,4 depuis l’Arabie saoudite). En 2025, avant le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran, ce total était abaissé à 4,6 millions de tonnes (dont 1,1 depuis l’Arabie saoudite), alors même que le volume d’importations tous pays confondus était similaire.
À l’inverse, les importations en provenance d’autres pays ont grimpé. C’est notamment le cas avec les États-Unis, qui exportaient en 2025 près de 130% de pétrole brut de plus vers la France qu’en 2021. Mais aussi avec la Norvège (+91% en quatre ans) ou le Nigéria (+41% sur la même période).