- Avec 13 départements en alerte orange canicule, la France croule sous la chaleur en cette fin de mois de mai.
- Des températures – dont certaines peuvent atteindre 39°C – particulièrement difficiles à supporter pour les corps.
- D’autant que nos organismes n’ont pas eu le temps habituel pour s’adapter à la chaleur.
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Météo : un épisode de chaleur précoce sans précédent avant l’été
D’habitude plutôt résistant à la chaleur, les températures élevées de ce mois de mai vous semblent particulièrement difficiles à supporter ? C’est normal. Alors que la France est frappée par un épisode de chaleur « exceptionnel », avec un mercure qui peut atteindre les 39°C localement, les organismes souffrent. Plus que lors d’épisodes caniculaires estivaux. Pourquoi ? Un mot : adaptation.
« Comme pour tout, le corps a besoin de se préparer. Si vous courez un marathon sans entraînement, cela va être beaucoup plus compliqué que si vous vous êtes préparé pendant six mois. Pour la chaleur, c’est pareil »,
explique Guy Lenaers, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire Biologie mitochondriale et cardiovasculaire.
D’autant qu’en ce mois de mai, les différences ont été très importantes et très rapides. « Il est beaucoup plus difficile de faire face à une canicule précoce. Car il n’y a pas eu de progression linéaire des températures »
, détaille le spécialiste qui précise que, pour faire face à l’été, c’est « tout un métabolisme qui se met en place ».
Un défi pour le corps
« Nous sommes des mammifères endothermes et homéothermes. C’est-à-dire que l’on produit notre propre chaleur pour chauffer nos cellules et nos organes à 37°C (endothermes) et que nous avons une température assez constante, avec une variation interne de plus ou moins 1°C (homéothermes). Nous avons ainsi des mécanismes extrêmement précis et puissants pour réguler cela »,
précise Guy Lenaers.
D’où la nécessité d’une montée des températures progressive pour permettre à notre corps de mettre en place les bons mécanismes. Par exemple, une hausse du débit sanguin vers les organes périphériques comme les pieds et les mains – à l’inverse de l’hiver pour lutter contre le froid – pour faire de la thermolyse et évacuer la chaleur.
La fréquence cardiaque au repos doit aussi se stabiliser puisque « on va favoriser la circulation sanguine et c’est un effort cardiaque non négligeable pour alimenter l’ensemble des vaisseaux du corps, d’où le fait que la chaleur soit plus dangereuse pour les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires »
, indique Guy Lenaers.
Le corps doit aussi abaisser le seuil de déclenchement de la transpiration, qui permet de réguler sa température alors que les reins commencent à mieux conserver le sodium. Autant de mécanismes qui demandent un peu de temps pour se mettre en place. « On estime qu’il faut une dizaine de jours de montée progressive en température pour que notre corps s’adapte »,
pointe le directeur de recherche au CNRS.
Un basculement progressif vers l’été qui sert, aussi, à mettre en place les bonnes pratiques pour mieux supporter la saison chaude : modifier son alimentation pour basculer des aliments d’hiver, plus riches, vers des aliments d’été plus légers l’été ou s’habituer à la chaleur et éviter un stress trop important lié aux fortes températures. Une adaptation qui n’aura pas été possible, cette année, avec la hausse soudaine du thermomètre.









