- Une marche blanche est organisée ce samedi à 14h à Nice, en hommage aux victimes de la fusillade qui a fait deux morts le 11 mai dernier.
- Les pères de famille tués étaient étrangers au trafic de drogue qui gangrène le quartier.
Une marche blanche est organisée sous haute surveillance policière ce samedi à 14h à Nice, douze jours après la fusillade qui a fait deux morts et six blessés dans le quartier des Moulins. Le rassemblement, organisé en accord avec les familles, selon un visuel relayé sur les réseaux sociaux, partira du stade des Moulins, avec une arrivée place des Amaryllis.
Selon les informations de Nice-Matin (nouvelle fenêtre), la première adjointe d’Éric Ciotti en charge de la Sécurité, Françoise Souliman, a déjà confirmé sa présence.
Adilson et Ahmed, deux pères de famille
Lundi 11 mai, le tireur en trottinette avait fait feu sur la place des Amaryllis, devant un café et un magasin de bonbons, tuant Ahmed, 57 ans, et Adilson, entraîneur de foot de 39 ans, deux pères de famille étrangers au trafic de stupéfiants, selon l’enquête. Pour « Adilson et Ahmed et pour toutes les victimes des drames des Moulins »,
est-il inscrit sur le visuel du rassemblement relayé sur les réseaux sociaux.
La fusillade a fait six blessés, des hommes âgés entre 23 et 52 ans. Cinq d’entre eux sont « totalement hors de danger »,
a précisé Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille. Mais la sixième victime risque des séquelles en raison « des blessures très sérieuses »
aux jambes.
3 personnes mises en examen
Deux hommes et une femme soupçonnés d’être impliqués dans la fusillade ont été mis en examen et placés en détention provisoire le 18 mai dernier. Parmi ces trois personnes figure le tireur présumé arrivé en trottinette, un homme de 30 ans soupçonné d’avoir ouvert le feu en pleine journée sur une place commerçante du quartier populaire des Moulins, dans la périphérie niçoise, a indiqué lors d’une conférence de presse le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone. Ce suspect était venu de la région parisienne quelques jours avant les faits, « avait rejoint Marseille où il lui était proposé de se rendre à Nice pour effectuer des missions »
, a décrit M. Bessone. Le téléphone de l’homme a été géolocalisé sur plusieurs lieux liés à la fusillade. Le contexte est celui d’une escalade « entre deux équipes de narcotrafiquants »
de l’ouest et de l’est de Nice, a précisé le commissaire Éric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire des Alpes-Maritimes.
Outre le tireur présumé, ont été mis en examen un homme de 19 ans ayant convoyé des véhicules ayant servi aux opérations criminelles. Mais aussi une femme de 26 ans à qui il est reproché « un rôle de logisticienne »
pour avoir mis à disposition de l’équipe des appartements.
Implication croissante de mineurs
Nicolas Bessone a ajouté que les interpellations, intervenues quelques jours après les faits, avaient permis « d’éviter un nouveau drame » :
une autre opération criminelle était en préparation dès le lendemain, présentant le même mode opératoire.
Dans le quartier des Moulins, les violences liées au narcotrafic ont fait onze victimes collatérales en moins de deux ans et se sont intensifiées ces dernières semaines. Ainsi, l’attaque du 11 mai serait liée à des violences survenues quelques jours plus tôt : des tirs et une explosion contre une épicerie le 8 mai, puis des tirs le lendemain visant des jeunes à un carrefour, dans un autre quartier de la ville. Et en octobre 2025, cette même place des Amaryllis avait déjà été le théâtre d’un double meurtre – pour lequel sept personnes sont mises en examen : les autorités judiciaires évoquent à leur propos « des jeunes désœuvrés »
qui commencent à s’engager sur des points de deal.









