- Le télescope Nancy Grace Roman décollera ce dimanche de Floride pour aller se poster à 1,5 million de kilomètres de notre planète.
- Il doit « offrir à la Terre un nouvel Atlas de l’univers », indique la Nasa.
- Il pourrait « découvrir des dizaines de milliers de nouvelles planètes » ou encore « des milliers de supernovas ».
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La Nasa doit le faire décoller ce dimanche 30 août depuis la Floride (États-Unis), à bord d’une fusée SpaceX. Le télescope Roman s’apprête à entamer un voyage de près d’1,5 million de kilomètres pour partir à la recherche d’exoplanètes et répondre aux grands mystères physiques que constituent la matière et l’énergie noires.
Ce télescope dernière génération, qui devrait décoller à 13h26 heure française, rejoindra Hubble et James Webb dans les annales de l’histoire de l’exploration spatiale de la NASA. Il « va offrir à la Terre un nouvel Atlas de l’univers »
, a estimé le chef de l’agence spatiale américaine Jared Isaacman.
Développé pendant plus d’une décennie pour un coût dépassant les quatre milliards de dollars, il a été baptisé en l’honneur d’une des plus grandes astronomes américaines, Nancy Grace Roman, surnommée la « mère de Hubble », du nom de l’autre télescope phare de la Nasa toujours en activité.
Plus de 35 ans après la mise en service de ce dernier, qui nous a notamment appris que notre univers s’étendait plus vite que nous le pensions, le « Roman Space Telescope » sera chargé de répondre aux questions restées en suspens. Avec son large champ de vision, plus de 100 fois supérieur à celui d’Hubble, il ratissera de vastes zones du ciel depuis un point de vue privilégié, à 1,5 million de kilomètres de la Terre.
Rien qu’au cours de la première année, il nous aura fourni plus de données qu’Hubble durant toute sa vie
Rien qu’au cours de la première année, il nous aura fourni plus de données qu’Hubble durant toute sa vie
Mark Melton, ingénieur des systèmes de Roman
« Il nous enverra 11 téraoctets de données par jour, ce qui signifie que rien qu’au cours de la première année, il nous aura fourni plus de données que le télescope Hubble n’en aura collectées durant toute sa vie »
, pointait en avril Mark Melton, ingénieur des systèmes de Roman auprès de l’AFP.
Grâce à cet objectif grand angle, la Nasa pourra réaliser un vaste recensement des objets composant notre univers, explique Nicky Fox, à la tête des activités scientifiques de la Nasa, qui s’attend ainsi à « découvrir des dizaines de milliers de nouvelles planètes »
ou encore « des milliers de supernovas »
, c’est-à-dire d’étoiles massives en fin de vie.
Étudier l’invisible grâce à sa vision infrarouge
Mais Roman vise également à étudier l’invisible : la matière et l’énergie noires, dont on ne connaît pas l’origine mais que l’on pense représenter 95% de notre univers. Grâce à sa vision infrarouge, il pourra observer la lumière émise par des objets célestes il y a des milliards d’années et remonter ainsi dans le temps afin de mieux comprendre ces deux phénomènes mystérieux.
Il nous permettra d’« étudier comment la matière noire se structure au fil du temps cosmique »
, mais aussi de calculer « la vitesse »
à laquelle certaines « galaxies s’éloignent de nous »
, explique toujours à l’AFP Darryl Seligman, enseignant-chercheur en astronomie à l’université du Michigan.
Ces observations pourraient bouleverser notre compréhension actuelle de la structure de l’univers, affirme Julie McEnery, astrophysicienne responsable du télescope Roman. « Les observations actuelles laissent entrevoir que notre modèle standard de l’univers est incorrect. Roman sera en mesure de le confirmer et de nous mettre sur la voie de la compréhension de ce qui est juste »
, analyse-t-elle.

