- La Banque centrale européenne a relevé son principal taux directeur d’un quart de point, à 2,5%.
- Une décision motivée par le regain d’inflation lié à l’envolée des cours du pétrole sur fond de guerre au Moyen-Orient.
- L’institution n’exclut pas un nouveau tour de vis dans les prochains mois.
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Les crédits vont coûter un peu plus cher. La Banque centrale européenne a annoncé ce jeudi 10 septembre relever son principal taux directeur, celui sur les dépôts, d’un quart de point, à 2,5%. Un niveau inédit depuis mars 2025, et la deuxième hausse de l’année après celle de juin.
En cause : le retour de l’inflation dans la zone euro, largement alimenté par la flambée des prix de l’énergie. Les hostilités entre Washington et Téhéran, et le conflit opposant les rebelles houthis du Yémen à l’Arabie saoudite, ont fait s’envoler les cours du brut. Le Brent a même franchi mercredi la barre des 100 dollars (nouvelle fenêtre) le baril, une première depuis fin juillet, sur fond de menaces persistantes sur les flux transitant par les détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz.
Éviter la contagion à toute l’économie
Ce que redoute l’institution de Francfort, ce sont les fameux effets de « second tour »
. Concrètement, la BCE craint que le choc énergétique ne se diffuse à l’ensemble de l’économie, si les salariés réclament des hausses de salaire pour compenser leur perte de pouvoir d’achat et que les entreprises répercutent leurs coûts dans leurs prix.
Or, la hausse de taux décidée ce jeudi va renchérir mécaniquement le crédit immobilier (nouvelle fenêtre), les prêts aux entreprises et le coût du financement public. Avec un objectif : freiner progressivement la demande et limiter la capacité des entreprises à augmenter leurs prix.
Et la BCE ne ferme pas la porte à une nouvelle hausse dans les prochains mois. « Les perspectives demeurent hautement incertaines et comportent des risques orientés à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance économique »
, prévient le communiqué publié à l’issue de la réunion.
Reste qu’il n’y a pas de quoi crier au loup trop vite. L’institution a en effet pour l’heure maintenu sa prévision d’inflation à 3% pour 2026, mais la relève à 2,5% pour 2027, contre 2,3% auparavant. Côté croissance, elle se montre un peu plus optimiste : 0,9% cette année, contre 0,8% attendu jusqu’ici. Le PIB devrait ensuite progresser de 1,4% en 2027, puis de 1,5% en 2028.