- Les deux orques du Marineland d’Antibes doivent pouvoir être transférées rapidement vers un parc espagnol, plaide ce jeudi le ministre Mathieu Lefèvre.
- Depuis la fermeture du parc aquatique en janvier 2025, les cétacés restent dans des bassins qui se dégradent, et leur vie est menacée « si on ne fait rien », a-t-il insisté.
- « Toutes les autorisations sont disponibles », a-t-il assuré, évoquant une « situation d’urgence ».
Marineland : le sort des orques et dauphins au cœur des débats
Marineland : le sort des orques et dauphins au cœur des débats
Le gouvernement veut enfin sortir de « l’impasse »
, et au plus vite. La France souhaite envoyer rapidement en Espagne les deux orques du Marineland d’Antibes (nouvelle fenêtre) (Alpes-Maritimes), parc aquatique désormais fermé, face à « une situation d’urgence »
, indique jeudi 14 mai au journal Nice-Matin
(nouvelle fenêtre) le ministre qui suit le dossier. Une décision décriée par des ONG de défense de ces animaux.
Depuis que Marineland a fermé ses portes en janvier 2025, deux orques, Wikie et Keijo, et une douzaine de dauphins restent sur place, dans des bassins qui se dégradent, en attente d’un transfert (nouvelle fenêtre). Leur destination s’est retrouvée au cœur des débats, et l’exécutif soutient finalement un départ vers un parc espagnol. « Si on ne fait rien, compte tenu
de l’état des bassins
(nouvelle fenêtre), on les condamne. Nous avons donc préparé toutes les conditions pour leur transfert vers l’Espagne, si on trouve une solution pour ce qui devient une situation d’urgence »
, a affirmé au quotidien niçois le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
Un transfert possible « dans les semaines à venir »
Le gouvernement soutient ainsi une proposition du groupe espagnol qui possède le parc aquatique, Parques Reunidos : transférer les cétacés vers un parc aux îles Canaries, le delphinarium Loro Parque, propriété d’un concurrent. « Toutes les autorisations sont disponibles. Il appartient à Marineland et aux parcs espagnols de se mettre d’accord pour procéder au transfert, qui est possible dans les semaines à venir »
, a ajouté le ministre, qui doit se déplacer à Antibes vendredi matin pour s’entretenir avec la direction et le personnel du site. Selon lui, un transfert avant l’été est même « souhaitable
«
.
Le gouvernement a passé en revue « l’ensemble des possibilités »
pour les deux orques, la femelle Wikie (24 ans) et son fils Keijo (12 ans), et « force est de constater qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative crédible au transfert en Espagne »
, qui permette « d’assurer le bien-être des animaux »
, a-t-il martelé. Il a évoqué notamment la piste d’un « sanctuaire canadien »
(nouvelle fenêtre) qui n’a « pas avancé depuis six mois »
. Le ministre a ajouté qu’il était « non négociable »
que les orques « ne participent pas à des spectacles »
, comme l’interdit la loi française depuis 2021.
La question de la solidité des bassins au cœur du bras de fer
Le responsable a notamment pointé un risque d’effondrement des bassins. Si un tel scénario se produit, « les orques seraient probablement condamnées à une euthanasie. Je ne veux pas prendre ce risque-là »
, a-t-il insisté. « Chaque jour compte. Il faut agir, et il faut agir vite »
, a encore appuyé Mathieu Lefèvre, tout en concédant qu’« il n’y a pas de solution idéale »
, mais seulement « pragmatique, opérationnelle »
.
Le transfert vers l’Espagne est toutefois critiqué par les défenseurs des animaux, pour qui ce parc espagnol n’est pas adapté aux orques. Ces militants plaident pour des sanctuaires en semi-liberté (nouvelle fenêtre). « Il n’existe aucune urgence autre que celle du groupe Parques Reunidos, propriétaire du Marineland qui veut récupérer les terrains pour d’autres projets commerciaux (…) Le ministre plie devant un grand groupe industriel qui bafoue la loi française et qui trahit les animaux »
, a écrit jeudi dans un communiqué l’ONG Sea Shepherd, qui assure de son côté que « les bassins sont plus stables qu’ils ne l’ont jamais été »
.
La situation des dauphins est en revanche moins problématique, leur transfert pouvant attendre l’achèvement de la construction d’un bassin adapté au ZooParc de Beauval, prévue pour 2027. « L’État soutient (le projet) avec beaucoup de force. Le permis a été délivré, le calendrier peut être tenu et le sera, je l’espère »
, a déclaré Mathieu Lefèvre.








