- Rémunérer davantage les petits producteurs agricoles, lutter contre le gaspillage alimentaire, négocier avec les pouvoirs publics… Nicolas Chabanne, cofondateur de la marque « C’est qui le patron ?! », se bat pour améliorer les conditions de vie des agriculteurs.
- Sylvia Amicone le reçoit cette semaine dans « Impact Positif » pour faire le point à l’occasion des dix ans de la marque.
Suivez la couverture complète
Impact positif
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
La crise agricole s’aggrave. Les vagues caniculaires démultiplient les sécheresses et les restrictions d’eau. Le déficit hydrique et l’augmentation du coût de l’énergie provoquent de graves difficultés financières et des chutes spectaculaires des rendements. La production de maïs devrait baisser de 40%, celle des pommes de terre de 42%, les récoltes de légumes subir des pertes jusqu’à 50%.
L’agriculture française se porte mal et les producteurs ont besoin d’aide. La coopérative « C’est qui le patron ?! », créée il y a dix ans par Nicolas Chabanne, se bat pour eux. Elle permet de mieux rémunérer les producteurs partenaires en dépensant quelques centimes de plus à l’achat des produits vendus (jus de fruits, briques de lait, œufs, etc.). Le chef d’entreprise fait le bilan dans le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde, à écouter ci-dessus. L’émission est diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT. « Nous devons redonner du pouvoir d’achat, des vacances et du pouvoir au producteur en leur attribuant quelques euros de plus. Le juste prix permet de sauver de nombreux agriculteurs et de simplifier leur travail. »
« C’est qui le patron ?! » reverse quatorze centimes de plus aux producteurs par rapport à un distributeur classique : « Lorsque les consommateurs savent où va leur argent ils achètent. Cela permet de doubler le chiffre d’affaires de certaines exploitations ».
« C’est qui le patron ?! » regorge d’initiatives pour aider davantage les agriculteurs. Le label des « Gueules cassées » permet aux producteurs de vendre des légumes qui n’ont pas les formes parfaites : « La sécheresse a ralenti la croissance des produits devenus plus petits avec des défauts. Les producteurs n’y sont pour rien. Soyons indulgents. Chez vous, vous cueillez toutes les
pommes
mûres et pas seulement celles qui sont les plus parfaites et les plus grosses. Rendons hommage à ce que la nature nous donne »
, implore Nicolas Chabanne. En magasin, les pommes de terre, le riz et le lait de la marque « C’est qui le patron ?! » demeurent les produits les plus demandés. Mais certaines enseignes refusent de les vendre, regrette le dirigeant qui ne cache pas faire du porte-à-porte : « La brique de lait « C’est qui le patron ?! » se vend mieux que le Nutella. En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir d’agir. Nous devons arbitrer avec l’argent que nous avons dans notre poche. L’argent reste le moteur du monde. Nous pouvons rééquilibrer les choses. »
🎙️Écoutez ce podcast sur les plateformes habituelles (nouvelle fenêtre) (Apple podcast, Spotify, Amazon Music…)
« La loi pour l’urgence agricole ne règle rien aux problèmes de rémunération »
Prêt à taux zéro, aide d’urgence, transfert des actions de la marque dans une fondation… « C’est qui le patron ?! » met le paquet pour sécuriser le revenu des petits producteurs : « La fondation permet d’éviter de revendre la marque à une entreprise plus importante. Cette gouvernance durable fait en sorte que l’argent se destine en priorité aux producteurs. Cela rassure. Les ventes solidaires augmentent de plus de 10% par an »
, décrit Nicolas Chabanne. Solidarité et partage de valeur restent les maîtres mots de la coopérative : « Cela ne nous coûte pas plus cher de tracer l’argent pour que les entreprises du partage nous garantissent que le monde aille mieux. Nous devons changer notre environnement sans attendre que les élus le fassent. »
Critique et combatif, Nicolas Chabanne émet de sérieux doutes sur la viabilité de la nouvelle loi d’urgence agricole, récemment votée à l’Assemblée nationale : « Elle ne règle rien aux problèmes de rémunération. Nous avons un producteur de blé et de fruits et légumes qui nous assure perdre plus de 12.000 euros par an. On ne peut pas se verser aucun salaire en nourrissant les autres. Beaucoup finissent par arrêter. Des aides et compensations d’un milliard, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. »
Le chef d’entreprise rappelle que la seule solution c’est la juste rémunération : « Nous n’avons pas besoin de jambe de bois pour réparer, mais de justes prix pour vivre dignement. Sur les trente articles de la loi d’urgence agricole, il n’y a aucune mention de juste rémunération. »