- Marine Le Pen fait sa rentrée politique ce samedi et prononcera dimanche un discours depuis son fief d’Hénin-Beaumont.
- La cheffe des députés du Rassemblement national, candidate déclarée à l’élection présidentielle, devrait avoir à cœur de remettre de l’ordre dans les propositions de son parti.
- Plusieurs écueils ont rythmé les dernières semaines du parti, notamment sur l’aide à l’Ukraine ou l’interdiction du port du voile.
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Élection présidentielle 2027 : la course aux candidatures est lancée
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Après un été discret, l’heure est venue pour elle de lancer véritablement sa campagne. Après sa participation au débat du Medef diffusé sur LCI le 27 août dernier, Marine Le Pen fait ce week-end sa grande rentrée politique. La cheffe des députés du Rassemblement national et candidate déclarée à l’élection présidentielle participera ce samedi 12 septembre à la rentrée parlementaire des députés de son parti au Touquet (Pas-de-Calais), avant de prononcer un discours, dimanche, dans son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). L’occasion de développer quelques idées et de faire oublier propositions polémiques ou mésententes, notamment avec son bras droit Jordan Bardella.
Si ces dernières semaines Marine Le Pen a été plutôt silencieuse, cela n’a pas été le cas de tous les dirigeants du parti. À regret pour la candidate à l’Élysée ? Le premier à avoir semé le trouble a été le maire de Perpignan Louis Aliot qui, le 3 septembre, envisageait la possibilité de mettre fin aux aides à l’Ukraine compte tenu de la situation budgétaire. « On coupe le robinet. Le système de santé, le système éducatif, l’ensemble de l’économie, tout le monde est à l’os et on trouve de l’argent pour aller encore financer des armes (…) Je veux bien, mais qui paye tout ça ? Il faut savoir aussi arrêter une guerre »
, disait-il sur BFMTV. Du pain bénit pour les adversaires de Marine Le Pen, qui pouvaient l’attaquer sur sa complaisance supposée vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Toujours à l’international, la visite du président du parti Jordan Bardella au Royaume-Uni, et la mise en scène de la signature d’un protocole d’accord symbolique avec Nigel Farage, patron du parti pro-Brexit Reform UK. Dans ce texte, qui se projette sur une victoire de ces deux partis alliés, un volet prévoit notamment le renvoi vers la France de migrants interceptés dans les eaux britanniques. Une initiative fortement critiquée par ses adversaires politiques, de Gabriel Attal (Renaissance) à Éric Zemmour (Reconquête). Les cadres du parti, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine un mantra, ont dû se mobiliser pour défendre cette proposition paraphée par Jordan Bardella.
« Brebis galeuses »
Cette semaine, c’est la polémique sur une nouvelle « brebis galeuse » dans ses rangs qui a mis le parti dans l’embarras, le forçant à contre-attaquer. Il s’agit de l’affaire du policier municipal de la ville RN de Carcassonne pris en flagrant délit de propos racistes et sexistes. Si les images dévoilées par la presse régionale étaient antérieures aux élections municipales, et donc à la victoire du RN dans cette ville, l’agent mis en cause était aussi membre du RN et de son service d’ordre. Le parti a rapidement publié un communiqué annonçant l’exclusion de ce militant et sa « radiation »
du service d’ordre. Cela n’a pas empêché ses adversaires de rappeler que ces cas se répétaient, notamment à chaque élection.
Par ailleurs, s’il a réussi à imposer le sujet dans le débat politique, la proposition d’interdiction du voile formulée par Jean-Philippe Tanguy il y a quelques jours a causé quelques difficultés aux membres du parti au moment de la défendre. Les opposants au parti d’extrême droite ont eu beau jeu d’expliquer qu’une telle mesure était impossible à appliquer car contraire à la Constitution.
Par ailleurs, la question des retraites anime toujours les débats au sein du parti, Jordan Bardella et Marine Le Pen exprimant deux versions sensiblement différentes quant à l’évolution de l’âge légal de départ.
Si certains attendent de ma part que je sois déloyal à Marine Le Pen (…) c’est très mal me connaître
Si certains attendent de ma part que je sois déloyal à Marine Le Pen (…) c’est très mal me connaître
Jordan Bardella
Enfin, les rumeurs de mésentente entre celle qui pourrait être élue présidente de la République – elle est en tête dans tous les sondages – et celui qui est appelé à être son Premier ministre, n’en finissent plus. Qu’elles soient fondées ou non, elles poussent Jordan Bardella à assurer régulièrement, dans les médias, Marine Le Pen de son soutien plein et entier. « Il y a avec Marine Le Pen une affinité politique et personnelle indéfectible »
, a-t-il assuré samedi 5 septembre dans un entretien sur BFMTV. « Si certains attendent de ma part que je sois déloyal à Marine Le Pen (…), c’est très mal me connaître »
, a-t-il ajouté, promettant de « faire son travail »
et d’être « à son poste »
.
Ces derniers jours, c’est la place de Marion Maréchal dans la campagne de sa tante qui aurait causé des tensions avec Jordan Bardella, inquiet de perdre une partie de son leadership. « Vous le verrez, la campagne va très bien se passer »
, a insisté l’ex-alliée d’Éric Zemmour, certifiant que « personne n’a l’intention de nuire à la campagne de Marine Le Pen »
à part ses « adversaires qui vont tenter de provoquer une division »
au sein du camp nationaliste.