C’est le premier aboutissement – non définitif en cas d’appel – d’un feuilleton judiciaire tortueux et heurté, ouvert en 2017 dans la foulée du mouvement MeToo. Mercredi 25 mars, Tariq Ramadan a été condamné pour « viol sur personne vulnérable et viols » à dix-huit ans de réclusion par la cour criminelle de Paris, comme l’avocat général l’avait requis.
« Consentir à la sexualité n’est pas consentir à tout acte sexuel quel qu’il soit », a justifié la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, soulignant « l’extrême gravité des faits ». La peine de Tariq Ramadan a notamment été assortie d’un suivi socio-judiciaire pendant huit ans, d’une injonction de soins, de la privation des droits civils et civiques pendant dix ans et de l’interdiction définitive du territoire français.
L’islamologue suisse de 63 ans a été jugé coupable en son absence, à l’issue d’un procès de trois semaines auquel ni lui ni ses avocats n’ont assisté. Le 2 mars, le sulfureux et médiatique prédicateur ne s’était pas présenté à l’ouverture des débats : ses conseils avaient expliqué qu’il était hospitalisé en Suisse, qu’il aurait d’abord gagnée – en violation de son contrôle judiciaire l’imposant de rester en France – pour se rendre au chevet de sa mère malade. Leur demande de renvoi avait été écartée par la cour criminelle.
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