- Les élections législatives mardi en Israël verront Gadi Eisenkot tenter de déloger du pouvoir le Premier ministre Benyamin Netanyahou et ses alliés d’extrême droite.
- Les quelque sept millions d’électeurs seront aussi appelés à se prononcer sur les comptes à rendre pour l’attaque du 7 octobre 2023, ou encore la conscription.
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Un référendum pour ou contre Benyamin Netanyahou. Voici la question qui va se poser mardi pour les quelque 7,3 millions d’électeurs appelés à voter en Israël lors des élections législatives. Dans un pays en état de guerre depuis trois ans, les enjeux sont nombreux.
Benyamin Netanyahou joue son avenir
À 77 ans, « Bibi », veut conserver le pouvoir, lui qui a exercé les fonctions de Premier ministre pendant plus de dix-huit ans. Sauf que l’image de « Monsieur Sécurité » se retrouve largement écornée par les attaques du 7 octobre 2023. Pour faire oublier cet échec sécuritaire, il se pose comme le seul capable de défendre Israël : vendredi, à quatre jours des élections, il s’est rendu immédiatement sur les lieux d’une attaque qui a tué deux soldats israéliens en Cisjordanie occupée, promettant la plus grande opération militaire dans ce territoire palestinien « depuis la guerre des Six-Jours » en 1967.
Un front de plus, voire de trop selon l’opposition. Depuis l’attaque du 7-Octobre, Benyamin Netanyahou a engagé son pays dans des guerres contre le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et l’Iran, où les États-Unis se sont joints à Israël. Autant de conflits légitimes, affirme « Bibi ». Sa campagne électorale tient essentiellement en un slogan, visible sur des affiches dans tout le pays : « Soit la droite, soit la Palestine
« . Le Premier ministre impute en effet à ses rivaux centristes, qui démentent, l’intention de créer un État palestinien, un projet rejeté par lui et la majorité des Israéliens.
Avec cette surenchère rhétorique, le chef du gouvernement tente aussi de faire oublier qu’il fait face à un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés dans la bande de Gaza, ainsi qu’à un procès au long cours pour corruption.
La surprise Gadi Eisenkot
Âgé de 66 ans, il s’est imposé comme le principal rival de Benyamin Netanyahou, les derniers sondages les donnant au coude à coude. Sans grande expérience politique, cet ancien chef de l’armée jouit cependant d’un fort capital de sympathie, notamment en raison de la mort au combat de son fils, et de deux de ses neveux, lors de la guerre à Gaza, déclenchée en 2023.
De centre-droit, sa ligne sur le conflit israélo-palestinien s’éloigne peu de celle du gouvernement actuel : il est opposé à la création d’un État palestinien, et a promis de faire tomber le mouvement islamiste à Gaza en dix-huit mois s’il est élu. Il soutient aussi la colonisation en Cisjordanie occupée – illégale selon le droit international – mais promet lui de faire cesser l’impunité dont jouissent les colons qui multiplient les attaques contre des civils palestiniens. S’il était nommé, il deviendrait le premier chef de gouvernement séfarade (juifs originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient).
Les responsabilités du 7-Octobre
De nombreux Israéliens réclament une commission d’enquête indépendante sur les défaillances ayant permis au Hamas d’attaquer le territoire israélien, y entraînant la mort de plus de 1.200 personnes. Les partis d’opposition font de la création d’une telle commission leur priorité, arguant qu’Israël a mené des enquêtes similaires lors de précédentes crises. C’est le seul moyen d' »éviter un autre désastre
» similaire à l’avenir, a encore plaidé le 15 octobre le principal rival de Benyamin Netanyahou, Gadi Eisenkot. La pression s’est renforcée ces dernières semaines avec la parution d’informations de presse selon lesquelles les Émirats arabes unis et l’Égypte ont prévenu Benyamin Netanyahou d’une possible attaque à venir du Hamas, peu avant le 7-Octobre. Le Premier ministre a catégoriquement nié.
Religion et conscription
Alors que l’armée réclame davantage de soldats, le débat sur les exemptions dont bénéficient les juifs ultra-orthodoxes s’est élargi à la question plus large de l’identité d’Israël. Les partis ultra-orthodoxes sont soutenus par le Likoud, le parti de « Bibi », et ses alliés d’extrême droite. La plupart des formations d’opposition, elles, veulent envoyer sous les drapeaux les étudiants des écoles talmudiques et ont exclu toute alliance avec des partis ultra-orthodoxes. Gadi Eisenkot, qui a perdu un fils lors de la guerre à Gaza, accuse Benyamin Netanyahou de défendre « de façon éhontée
» ceux qui refusent d’accomplir leur « devoir
« .