- Pour limiter les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pouvoir d’achat, TotalEnergies a mis en place depuis mars un plafonnement des prix à la pompe.
- Mais de nombreuses stations indépendantes, qui n’ont pas pu s’aligner, dénoncent un « abus de position dominante ».
- Elles ont saisi l’Autorité de la concurrence.
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Moyen-Orient : avec la guerre, les prix des carburants et du gaz s’envolent
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La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), qui représente un millier de stations indépendantes, a saisi l’Autorité de la concurrence pour dénoncer le plafonnement du prix des carburants (nouvelle fenêtre) dans les stations-service de TotalEnergies, qu’elle juge déloyal. La FF3C a saisi l’autorité « pour abus de position dominante et concurrence déloyale »
, a indiqué vendredi à l’AFP Jacques Goisque, le directeur général de la fédération, confirmant une information de Radio France (nouvelle fenêtre).
Cette saisine a pour but de protéger les petites stations, élément clé du maillage du pays puisqu’elles se situent souvent dans des régions rurales, face à « la politique de plafonnement des prix opérée depuis mars par TotalEnergies »
, a expliqué M. Goisque. Le géant pétrogazier français est « un groupe intégré, de l’exploitation à la distribution, qui s’appuie sur les marges réalisées en amont pour vendre quasiment à perte son produit »
, estime le responsable de la FF3C.
Jusqu’à 40% de perte d’activité
Patrick Pouyanné, le PDG du géant des hydrocarbures, a indiqué mi-juin que le plafonnement du prix de ses carburants en France avait entraîné pour son groupe un manque à gagner de l’ordre de 200 millions d’euros depuis le début de la guerre en Iran. Le plafond des prix pratiqués par le groupe est « inférieur au prix de revient »
, avait-il alors déclaré. C’est le modèle intégré de TotalEnergies, du champ pétrolier jusqu’à la distribution, et ses bons résultats qui permettent de « financer »
ce plafonnement, inédit pour une entreprise pétrolière, reconnaissait-il.
Mais, avec cette politique, les petites stations risquent de disparaître, s’inquiète la FF3C. Selon un sondage du syndicat Mobilians, qui représente 5.800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces), elles ont constaté une perte d’activité comprise entre 15 et 40% sur la vente de carburant.
La France compte quelque 10.000 stations essence, dont plus de 3.300 pour TotalEnergies et un tiers de petites stations indépendantes (le reste étant surtout des stations de supermarchés). Les petites stations n’ont jamais eu la capacité de s’aligner sur les prix des stations de supermarchés ou des grands groupes pétroliers (TotalEnergies, BP, Shell…), « mais là, on a des différences de prix telles, avec les stations TotalEnergies »
, que leur activité s’effondre, selon Jacques Goisque.









