- Les enfants sont la nouvelle cible des instituts de beauté et de relaxation.
- Sur Internet, les salons rivalisent, avec la promesse de chouchouter les plus petits, et ce, dès trois ans.
- Une tendance qui inquiète les professionnels de santé.
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Le 20H
Fini la soirée pyjama, le goûter au fast-food ou la virée au parc d’attractions. Désormais, l’anniversaire entre copines des petites filles se fête… en institut de beauté. Sur Internet, les salons rivalisent avec la promesse de chouchouter les plus petits, dès trois ans, avec des soins esthétiques dignes des plus grands.
Dans la commune de Traînou, dans le Loiret, le salon My Pretty Beauty où travaille Sonia Gomez a flairé le bon filon (nouvelle fenêtre). Depuis le mois de mars, il accueille, une fois par semaine, des petites filles. « C’est un autre soin, c’est une autre approche. Dans leurs yeux on voit leurs petites étoiles et c’est un moment exceptionnel à partager avec elles »,
assure l’esthéticienne dans le reportage en tête de cet article.
Comptez ici 40 euros par enfant pour une séance de 30 minutes. Les tarifs peuvent même doubler selon les établissements. « On utilise des produits naturels qui peuvent convenir à tout le monde »,
assure Elodie Ouldchouai, gérante du salon.
L’alerte des dermatologues
Mais les plus jeunes ont-ils besoin de ces produits (nouvelle fenêtre) ? Est-ce vraiment sans danger ? Si certains salons utilisent des produits naturels, dans d’autres, certains sont jugés nocifs pour une clientèle juvénile. Gommage à l’argile rose synthétique, crème de jour senteur fête foraine, masque chocolaté… « Il y a des colorants, des irritants »,
assure Stéphanie Mallet, dermatologue à l’hôpital de la Timone (Marseille) et vice-présidente de la société française de dermatologie pédiatrique.
D’où l’alerte lancée par les dermatologues. « Toutes les petites filles se sont déjà amusées à se maquiller une fois, à emprunter le rouge à lèvres de maman. Le faire une fois, ce n’est pas très grave, mais faire croire aux gens qu’il faut appliquer des produits de manière répétée, c’est un peu un mensonge »,
assure la médecin.
Pour rassurer les parents réticents, certaines marques de ce marché naissant misent sur une composition biologique avec des formules garanties sans colorants et conservateurs artificiels, ni silicone. Mais faut-il laisser les enfants aller en institut ? « Ce que je trouve effrayant, c’est l’homogénéisation des personnes. C’est-à-dire que tout le monde doit avoir la même coupe de cheveux, avoir les mêmes traits. Ça devient problématique à mon sens. Paraître bien est plus important que d’être bien en soi »,
pointe Michaël Guetta, pédopsychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).
Aucune réglementation n’encadre aujourd’hui les salons de beauté qui accueillent des enfants. Le corps médical pousse à légiférer.









