L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Le syndrome de Gilles de la Tourette, ainsi nommé d’après le neurologue français qui le diagnostiqua au XIXe siècle, est une maladie neuropsychiatrique d’origine génétique qui se caractérise principalement par des tics physiques et verbaux. La coprolalie, ou la compulsion consistant à littéralement décharger les pires insultes et insanités en public, sans les penser pour autant, reste une manifestation mineure de la maladie, mais n’en est pas moins une source majeure d’humour, moins cruelle au demeurant envers ceux qui en sont atteints que jubilatoire en raison de sa dimension carnavalesque. Quelques films, assez rares, s’en sont inspirés à ce titre. Plus fort que moi (I Swear), de l’Anglais Kirk Jones, qui parvient à un mélange assez idéal de drôlerie et d’approche documentée de la complexité de ce handicap, risque fort de faire exploser le baromètre.
Le film s’inspire de la vie de l’Ecossais John Davidson, qui se découvrit atteint par cette maladie dans son adolescence dans les années 1980, et devint, au fil du temps, l’un des principaux activistes qui aura consacré sa vie à une meilleure connaissance et à une meilleure prise en charge de la pathologie. Le récit nous fait saisir l’ampleur du handicap relationnel et social sous-tendu par cette affection, l’hostilité et l’incompréhension qu’elle génère, la souffrance et le courage qu’il aura enfin fallu à John Davidson pour surmonter l’épuisement émotionnel de sa mère, se reconstruire lentement grâce à quelques rencontres décisives.
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