- La majorité des Français est concernée par les déserts médicaux.
- Cela peut aboutir jusqu’à la perte de chance à cause des traitements qu’on a dû décaler ou des diagnostics mal faits.
- Julie Pichot, journaliste d’investigation, est l’invitée de « Bonjour ! Avec vous » pour en parler.
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Bonjour ! La Matinale TF1
Vous le constatez au quotidien. Vous êtes de plus en plus nombreux à être confrontés aux déserts médicaux. Parfois, ils se manifestent par des difficultés à trouver un rendez-vous chez le généraliste mais cela peut aussi aboutir à ce qu’on appelle les « pertes de chance ». Et une contrainte : décaler des traitements parce qu’on n’a pas de médecin disponible. Julie Pichot dénonce ce scandale dans un livre : Les morts cachés de la République
. Elle est l’invitée de « Bonjour ! Avec vous ».
La journaliste d’investigation raconte dans son ouvrage que les diagnostics un peu tardifs ou les mauvais traitements reçus peuvent être responsables de décès de patients. Plusieurs raisons l’expliquent : « Soit parce qu’il n’y a pas assez de médecins, pas assez de spécialistes, notamment les dermatologues, les urologues, les cardiologues. Soit parce que quand vous arrivez aux urgences, vous n’êtes pas forcément pris en charge tout de suite. Vous avez des délais d’attente incroyables »
, détaille-t-elle.
Peut-on contraindre les médecins à s’installer dans les villages ?
Annick, une téléspectatrice, s’interroge : « Ma mère habite dans un petit village du Vercors. Il n’y a plus de médecin généraliste du tout. Ne pourrait-on pas les obliger à s’installer en campagne ? »
La liberté d’installation, et notamment celle des jeunes médecins, revient souvent dans la discussion sur les déserts médicaux. « Ces jeunes médecins vont vous répondre que dans ces petits villages, il n’y a peut-être pas forcément l’école pour leurs enfants, des services publics qui sont là, des commerces, tout un environnement, en fait »
, analyse Julie Pichot. Jacques Legros, lui, plaide pour encourager et inciter les jeunes professionnels de santé à s’installer dans ces zones sans médecins. « Une association, Médecins Solidaires, a 1.000 médecins adhérents et qui va dans plusieurs villages. Elle salarie les médecins, qui payent 1.000 euros par semaine »
, précise l’invitée du jour.
Pourquoi y a-t-il de moins en moins de médecins dans les campagnes ?
De moins en moins de médecins décident de s’installer en milieu rural. Si le constat est sans appel, Julie Pichot tente d’expliquer le phénomène. « Il y a de moins en moins de médecins, tout court. C’est le fameux numerus clausus (le nombre de médecins que l’on forme chaque année, ndlr), qui était mis en place en 1971. Du coup, il n’y a plus assez de médecins »
, analyse-t-elle. S’il a été supprimé en 2020, on a accumulé beaucoup de retard, conclut la journaliste.









