Celui qu’ils appelaient « le père de la nation », l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, est mort le 28 février lors de frappes israéliennes. Sa disparition, au cœur d’une guerre qui secoue le pays, aurait pu provoquer des fissures au sommet du pouvoir comme au sein du noyau dur du régime et de sa base populaire. Mais, depuis deux semaines, alors que les bombes tombent sur l’Iran, visant responsables militaires et politiques, bases stratégiques et infrastructures, c’est l’effet inverse qui se produit. Dans l’adversité, le socle fidèle du régime – estimé, par de nombreux analystes, à plusieurs millions, voire à des dizaines de millions, sur une population d’environ 92 millions – semble encore plus soudé, animé par le sentiment d’être engagé dans une lutte existentielle.
Le symbole le plus fort de cette cohésion a eu lieu vendredi 13 mars, sous le ciel gris de Téhéran, lors de la Journée de Qods, manifestation annuelle créée après la révolution de 1979 pour soutenir la cause palestinienne et marquer l’opposition à Israël. Une foule compacte a défilé, drapeaux tricolores brandis, scandant « Mort à Israël ». Au loin, une colonne de fumée s’élevait – probablement une frappe israélienne à l’est de la capitale – mais les cris de « Allaho akbar » (« Dieu est le plus grand ») ont redoublé. Sur une autre vidéo, on voit un bâtiment près du parcours frappé, sur l’avenue Enghelab ; l’explosion n’a pas dispersé le cortège, qui a poursuivi ses slogans. Malgré un avertissement israélien de zones à évacuer, la marche a eu lieu comme prévu.
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