L’association de défense des animaux L214 a porté plainte contre un abattoir public du Lamentin, en Martinique, dénonçant de « graves dysfonctionnements » et des « sévices graves » sur des bovins, parfois égorgés alors qu’ils sont encore conscients ou toujours vivants au moment de la découpe.
Cet abattoir situé près de Fort-de-France est notamment utilisé pour l’abattage de bovins de race brahmane, d’origine indienne et adaptée aux climats tropicaux, qui devait être mise à l’honneur lors du Salon de l’agriculture 2026 à Paris. Les images mises en ligne dans la nuit de mercredi à jeudi 26 mars par l’association, tournées en janvier et février, selon elle, montrent les « dysfonctionnements » dans cet établissement situé près de Fort-de-France.
On y voit des bovins se débattre alors qu’ils se vident de leur sang après avoir été égorgés, alors qu’ils devraient normalement être inconscients. « Le box de contention (piège) permettant de maintenir les animaux pendant l’étourdissement est inadapté (…) empêchant une perte de conscience suffisante avant la saignée », dénonce L214. A un autre stade de la chaîne, certains animaux bougent toujours au moment de la découpe alors qu’ils « devraient être morts », critique l’association.
Un audit national des abattoirs réclamé
L214 dénonce également la pratique consistant à placer jusqu’à trois veaux simultanément dans le box de contention, en infraction selon elle avec la réglementation, qui impose un étourdissement individuel et isolé des animaux. L’association a demandé à la préfecture de la Martinique la fermeture immédiate de l’abattoir du Lamentin. Elle a également déposé plainte auprès du procureur de Fort-de-France pour « sévices graves et mauvais traitements ».
L214 réitère à cette occasion sa demande d’un audit national des abattoirs français, adressée en janvier 2025 à la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, restée sans réponse selon l’association. Le dernier audit, réalisé en 2016, avait révélé des non-conformités dans 80 % des établissements contrôlés.
« En trois ans, nous avons fait condamner l’Etat sept fois pour manquement à sa mission de contrôle vétérinaire dans les abattoirs », affirme Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214, qui réclame un moratoire sur la construction de nouveaux abattoirs.











