- Le pape Léon XIV est en visite en France du 25 au 28 septembre. Il rencontrera notamment sept Français victimes de violences sexuelles dans l’Église.
- Dans un communiqué commun, cinq d’entre elles ont décidé de révéler leur identité.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Le pape Léon XIV va entamer une visite de trois jours en France. À Lourdes, le 27 septembre, il recevra notamment sept personnes qui ont été victimes de violences sexuelles au sein de l’Église. La Conférence des évêques de France (CEF) a assuré que les individus sélectionnés seraient « représentatifs »
des parcours : hommes et femmes, mineurs ou majeurs au moment des faits, diversité des territoires et des lieux (enseignement catholique, paroisse, congrégation, etc.).
Dans un communiqué commun publié ce 16 septembre, cinq des participants ont décidé de dévoiler leur identité. Il s’agit de Jean-Marie Delbos, victime de l’école Notre-Dame de Bétharram. Il avait été le premier des 200 élèves qui ont porté plainte pour violences physiques et sexuelles à médiatiser son cas devant la CEF.
Olivier Mardi, cofondateur des Voix Libérées de Touraine, un collectif de victimes de l’abbé Tartu au sein de la chorale des « Petits Chanteurs de Touraine » dans les années 1960-1980, sera présent. Tout comme Bertrand Virieux, cofondateur de l’ex-association lyonnaise La Parole Libérée rassemblant des victimes du prêtre Bernard Preynat, décédé en 2024 et qui avait été condamné en 2020 à cinq ans de prison pour des agressions de jeunes scouts dans le diocèse de Lyon.
Une victime de l’abbé Pierre
Ils seront accompagnés de Jérôme Guillement, victime d’un prêtre vendéen à l’adolescence, qui a raconté son parcours dans plusieurs livres, et de Véronique Garnier, victime d’un prêtre de sa paroisse à l’âge de 13 ans. Elle est coresponsable sur le diocèse d’Orléans d’un service de protection des mineurs, et membre de « Foi et Résilience », un collectif investi dans le travail avec les évêques depuis 2018.
Les deux autres participants ont préféré conserver l’anonymat, même si le communiqué précise la présence d’une victime de l’abbé Pierre.
Nous ne prétendons représenter ni toutes les personnes victimes.
Nous ne prétendons représenter ni toutes les personnes victimes.
Communiqué commun des sept victimes reçues par le pape
Depuis l’annonce de cette rencontre, de vives critiques contre l’opacité de la sélection avaient éclaté de la part de collectifs non reçus. Ils dénonçaient notamment un « mépris institutionnel »
, une « mascarade »
ou encore un « jeu de concurrence victimaire ».
Dans le communiqué, les participants ont ainsi décidé de répondre à la controverse : « Nous ne constituons pas une délégation de l’Église et nous ne prétendons représenter ni toutes les personnes victimes, ni celles et ceux qui ne seront pas présents à Lourdes »,
ont-ils réaffirmé. « Dialoguer ne signifie pas cautionner. Être reçu ne signifie pas renoncer à notre exigence »,
ont-ils rappelé.
Ils ont par ailleurs affirmé qu’ils ne souhaitaient plus communiquer jusqu’à la rencontre avec le pape. Toutefois, « nous serons disponibles pour témoigner après la rencontre, chacun avec sa voix, son histoire et ce qu’il souhaitera en partager »
, indique le texte.