- Sorti mercredi dernier, « Moulin » de László Nemes s’empare de la première place du box-office avec près de 350.000 entrées.
- Le film, porté par Gilles Lellouche, confirme le succès des films français consacrés à la Seconde Guerre mondiale ces derniers mois.
- Avec des partis pris parfois radicaux, « Les Rayons et les Ombres », « La Bataille de Gaulle » ou encore « Notre Salut » ont passionné les spectateurs.
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Hasard ou pas, 2026 restera marquée par le succès de plusieurs films français qui portent un regard singulier, sinon inédit, sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier en date ? Moulin
du Hongrois László Nemes, ou le face-à-face funeste entre le célèbre résistant incarné par Gilles Lellouche et le chef de la Gestapo Klaus Barbie, interprété par l’acteur allemand Lars Eidinger. Avec 346.178 entrées depuis mercredi, ce huis clos étouffant vient de s’emparer de la tête du box-office devant Les Misérables
de Fred Cavayé et Karma
de Guillaume Canet.
« J’ai l’impression que la Seconde Guerre mondiale a laissé un traumatisme particulier dans ce pays »
, confiait Laszlo Nemes à TF1info lors de la présentation de Moulin
en mai dernier au Festival de Cannes. « À l’époque, un système totalitaire axé vers la destruction a pris le dessus en Europe. Et en France, il était codirigé avec l’Allemagne »
, soulignait le cinéaste à propos de la collaboration. « Qu’est-ce qu’on fait du projet humaniste des Lumières ? De la liberté individuelle, de la liberté de conscience ? Je crois qu’on est encore en train de digérer cette période. C’est probablement pour ça qu’on y revient sans cesse. »
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Impressionnant au regard de sa noirceur, le démarrage de Moulin
fait écho au succès que rencontre le singulier Notre Salut
d’Emmanuel Marre depuis la fin septembre. Basé sur la correspondance d’Henri Marre, l’arrière-grand-père du réalisateur, il retrace le parcours de ce fonctionnaire de Vichy qui paiera cher sa loyauté au maréchal Pétain. Porté par la performance du toujours impeccable Swann Arlaud, ce long-métrage récompensé par le prix du scénario à Cannes se distingue par ses partis pris de mise en scène inattendus pour un film d’époque, avec caméra à l’épaule, dialogues improvisés et bande originale anachronique. Mais là encore, le public est au rendez-vous, après déjà plus de 700.000 entrées.
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Avant Notre Salut
, cette période trouble de l’histoire de France était au cœur du dernier film de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres
, sorti au printemps. Jean Dujardin y incarne Jean Luchaire, célèbre patron de presse condamné à mort après la Libération pour s’être acoquiné avec les nazis, tandis que sa fille Corinne, star montante du cinéma français, voyait sa carrière brisée. Sorti en mars dernier, ce film fleuve de plus de trois heures a divisé les historiens, certains estimant que le cinéaste montrait trop d’empathie pour son personnage principal. Ce qui ne l’a pas empêché de trouver son public avec 900.000 entrées.
Au pays de Candice : Jean Dujardin dans la peau d’un collabo
2026, c’est aussi l’année du « comeback » du Général ! Après le démarrage en demi-teinte du premier volet, le diptyque La Bataille de Gaulle
s’est imposé grâce au bouche-à-oreille durant l’été avec près de 6 millions d’entrées cumulées, la nouvelle génération découvrant le personnage incarné par Simon Abkarian sous un jour différent des livres d’histoire.
« Je voulais parler aux jeunes actuels de ce sentiment d’être dépassés par des forces très puissantes autour de nous »
, nous racontait le cinéaste Antonin Baudry avant la sortie. « Parce que c’est quelque chose qu’ils vivent aujourd’hui, peut-être encore plus que nous, les adultes. Et dont ils peuvent avoir envie de s’inspirer. »