- Les sociétés concessionnaires des autoroutes françaises réalisent 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.
- Pourtant, les autoroutes sont entièrement gratuites dans plusieurs pays voisins.
- La France pourrait-elle un jour suivre cette voie ? Le 13H de TF1 s’est penché sur la question.
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Le prix des péages autoroutiers pèse lourd dans le budget de nombreux ménages français déjà fragilisés par l’inflation. En 2024, les trois sociétés concessionnaires d’autoroutes ont réalisé 4,3 milliards d’euros de bénéfices. Pourtant, selon la loi française, « l’usage des autoroutes est en principe gratuit »
. Le Code de la voie routière précise cependant qu’« un péage peut être instauré par décret en Conseil d’État pour financer leur construction, leur entretien ou leur exploitation. »
« Elles sont payées, elles sont amorties. Maintenant, on parle d’entretien. Où va l’argent de tous ces péages ? », s
‘interroge malgré tout un routier, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. Aujourd’hui, les péages servent effectivement à financer l’entretien des routes et l’aménagement des aires de repos. Cependant, il existe des portions d’autoroutes gratuites en France, par exemple autour de Dunkerque, dans le Nord : une exception visant à favoriser l’attractivité des ports français.
L’exception bretonne
Mais surtout, l’ensemble des « voies expresses »
de la région Bretagne sont gratuites, et gérées par l’Etat. Dans le reportage ci-dessus, l’équipe du JT a embarqué avec deux sœurs bretonnes, parties de Paris en direction de Laval : « Moi, de base, je n’ai jamais connu de route payante, sauf quand je viens à Paris »,
souligne l’une. Une fois passé le péage de Laval, « on arrive sur une route presque nickel. Or, à partir de là, elle est gratuite. Donc, ce n’est pas forcément pour l’entretien »
, note la conductrice.
L’entretien des 1.430 kilomètres de voies expresses bretonnes coûte 160 millions d’euros par an. Son financement est assumé par les conseils départementaux, c’est-à-dire par les impôts de tous les contribuables. Les usagers croisés par l’équipe de TF1 semblent satisfaits du résultat : « Dans cette partie gratuite, il y a une qualité de prestation, un environnement, je dirais même que c’est un petit peu mieux »,
avance un automobiliste.
« L’Etat n’est pas un bon gestionnaire »
L’État français pourrait-il reprendre l’exploitation de toutes les autoroutes françaises pour les rendre gratuites ? Vincent Delahaye, sénateur de l’Essonne et ancien rapporteur de la commission d’enquête sur les concessions d’autoroutes, émet de lourdes réserves : « Si l’État gère, vous voyez un petit peu ce qui se passe à l’hôpital,
dans les universités
, dans pas mal de domaines. Moi, je pense que l’État n’est pas un bon gestionnaire. »
C’est pourtant ainsi que fonctionnent plusieurs pays voisins, dont l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique, où les autoroutes sont entièrement gratuites. Le gouvernement belge vient cependant de voter l’instauration d’une vignette dès 2027, pour un forfait annuel de 100 euros, ou un tarif journalier de neuf euros. Une décision que justifie François Desquesnes, ministre de la mobilité et des infrastructures routières de Wallonie, dans la vidéo ci-dessus : actuellement, les Belges « sont les seuls à payer pour l’entretien et l’infrastructure du réseau, alors que, quand on regarde sur nos autoroutes, on voit beaucoup de plaques étrangères. »
IM | Reportage TF1 : Sébastien HEMBERT, Thierry CHARTIER et Elias HASSANI