A l’hommage pour Jospin, les retrouvailles de la « gauche plurielle »
La « gauche plurielle » s’est reconstituée jeudi aux Invalides, le temps d’un hommage national à celui qui réussit à la rassembler au gouvernement, Lionel Jospin. Un souvenir ancien pour un camp politique qui se déchire plus souvent qu’il ne s’unit.
Dans la cour Sud du Dôme, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, les deux ministres emblématiques du gouvernement Jospin de 1997, surnommé par certains la « dream team », discutent en attendant le début de la cérémonie. Le duo des emplois jeunes et des 35 heures.
Un autre ancien ministre, Jack Lang, plus récemment montré du doigt pour ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, a aussi fait le déplacement et pris le temps de répondre aux journalistes.
De 1997 à 2002, Lionel Jospin avait réussi l’exploit de réunir les socialistes, les Verts, les communistes et les chevènementistes dans son gouvernement de cohabitation, sous la présidence de Jacques Chirac. Un contraste avec les divisions minant aujourd’hui les gauches radicale et sociale-démocrate devenues pour certains « irréconciliables ».
Martine Aubry a insisté sur les « leçons » que la classe politique actuelle devrait tirer de « sa rigueur morale, son intégrité intellectuelle ». Dominique Strauss-Kahn a salué « le souvenir d’un homme droit, construit, au service des autres (…) un homme comme il y en a peu aujourd’hui ».
Un « ami », ont-ils dit, sous l’œil de l’ancien président François Hollande, auquel Lionel Jospin avait laissé le soin de garder « la vieille maison », le Parti socialiste, pendant qu’il était à Matignon, comme François Mitterrand l’avait fait avec lui lors de son arrivée à l’Elysée en 1981.
Ceux qui furent les ministres socialistes sous la « gauche plurielle » sont venus : Pierre Moscovici, Marylise Lebranchu, Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Bartolone… L’écologiste Dominique Voynet, ex-ministre de l’environnement, qui a notamment échangé avec sa lointaine successeur à la tête des Verts, Marine Tondelier.
Le communiste Jean-Claude Gayssot, ex-ministre des transports, assis à côté de celui qui était à la tête du PCF à l’époque, Robert Hue.
Jean-Pierre Chevènement, 87 ans, est absent. Ministre de l’intérieur de 1997 à 2000, il avait été pointé du doigt pour sa candidature à la présidentielle de 2002 qui, comme celle de Christine Taubira, avait empêché Lionel Jospin de faire le plein des voix à gauche et contribué à l’exclure du second tour, au profit de Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon n’est pas là non plus. Le leader de la gauche radicale aujourd’hui s’est d’abord plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce qu’ont démenti l’Elysée et les proches de l’ancien premier ministre. L’ancien ministre de l’enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été convié par sms jeudi « matin », un délai trop court pour « être présent à Paris ». Et saluer une dernière fois une des rares personnalités socialistes dont il ait constamment loué l’action.










