- À l’heure du tout numérique, un grand désordre règne dans les armoires à fibre optique de l’Hexagone.
- Chaque mois, un Français sur 1.000 rencontre un problème avec sa connexion Internet, souvent débranchée par un technicien pour installer le voisin.
- Une équipe de TF1 s’est rendue dans le Calvados pour essayer de démêler ce « plat de nouilles ».
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Le 13H
C’est un grand bazar dans lequel on se perd assez facilement. « Regardez celle-ci. Honnêtement, vous voyez l’état de cette armoire-là ? Il y a le truc qui ne tient même plus, les fils de partout. Regardez-moi ça »
, témoigne le technicien TikTokeur @ftthoptique (nouvelle fenêtre), qui relate ses (més)aventures à ses plus de 15.000 followers.
À Mondeville, dans le Calvados, Halim Berradj lui raccorde ses clients à la fibre dans les règles. « On branche un laser qui nous permet d’identifier le câble client au point de branchement »
, explique-t-il, devant notre caméra. Grâce à son faisceau lumineux, le technicien repère le bon emplacement. « Sur cette armoire-là, il n’y a pas de soucis »
, nous montre le technicien fibre optique et gérant de la société HB Calva-Pro dans le reportage en tête de cet article.
Mais ce n’est pas toujours le cas. Quelques kilomètres plus loin, une armoire comporte beaucoup trop de clients. Ici, certains emplacements sont souvent en panne. Pour aller plus vite, des techniciens débranchent le câble du voisin qui fonctionne. « Sur cette armoire-là, il y a beaucoup de problèmes. Ce qui fait qu’il y a plus de débranchements »
, regrette Halim. « Alors que sur l’autre, on n’est pas obligé de couper quelqu’un pour brancher quelqu’un. Parce qu’en fait, tout est fonctionnel. Toutes les lignes sont fonctionnelles. »
Allumer la télé, télétravailler… sans Internet, ce n’est pas possible
Allumer la télé, télétravailler… sans Internet, ce n’est pas possible
Florian, un utilisateur de la fibre optique
Les techniciens sont des sous-traitants des opérateurs. Ils sont payés au raccordement. Parfois, les emplacements fibre sont saturés. Comme à Saint-Germain-le-Vasson, une commune du Calvados. « Dès que l’opérateur vient, c’est toujours le même discours. Il n’y a pas assez de place. Il n’y a pas assez de place pour raccorder toutes les maisons dans le lotissement »
, déplore Florian, un habitant. « Du coup, chaque voisin fait intervenir son prestataire. Il arrive, il débranche un câble, il branche le voisin. Et c’est ça depuis des mois. »
Dans sa résidence, de nouvelles maisons sont sorties de terre ces derniers mois. Le boîtier de raccordement à la fibre est sous-dimensionné. Depuis trois mois, plus d’Internet chez lui. « C’est tous les petits trucs de base dans la vie de tous les jours »
, peste-t-il. « Allumer la télé, regarder ce qu’on veut. Là, ce n’est plus possible. Télétravail, ce n’est pas possible. Du coup, sans Internet, pas de télétravail possible. C’est une perte de temps pas possible pour un service qu’on paie. »
Chaque mois, une personne sur 1.000 a un problème avec sa connexion à la fibre. « Aujourd’hui, on a à peu près 300 000 logements qui sortent de terre tous les ans. Si on a un opérateur d’infrastructure qui n’a pas pris en compte cette densification, il va avoir du mal à faire cette désaturation de son réseau et à amener les fibres nécessaires au raccordement des nouveaux clients »
, souligne Victor Tchiboukdjian, chef de l’unité fibre optique à l’Arcep.
Pour limiter les débranchements, une application a été mise en place par les opérateurs. Elle permet de recenser les habitations déconnectées après chaque intervention.









