- Emmanuel Volant fait revivre le métier de crieur public, tombé en désuétude dans les années 1960.
- Coiffé d’un képi et muni d’un porte-voix, ce crieur de rue clame haut et fort les messages des habitants pour recréer du lien social entre les personnes.
- Le JT de 13H de TF1 est allé à sa rencontre.
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Sur ce marché de Haute-Garonne, une voix singulière se distingue parmi les étals. Emmanuel Volant, comédien bénévole, fait revivre le métier de crieur public, une tradition disparue dans les années 1960. Coiffé d’un képi et muni d’un porte-voix, il égrène devant tout le monde les petites annonces déposées par les habitants : événements à venir, objets à vendre ou déclarations d’amour.
L’initiative rencontre un franc succès auprès des habitants de l’Isle-en-Dodon, qui apprécient cette manière originale de recréer du lien. « L’idée, c’est ça : se re-rencontrer, rediscuter, recréer du dialogue, parce que, des fois, les gens se croisent tous les samedis matin, ils ne se disent pas bonjour alors qu’ils savent très bien qui ils sont »
, explique Emmanuel dans le reportage du 13H de TF1 à retrouver en tête de cet article. Pour lui, si cette démarche peut « créer un peu plus d’humains, c’est chouette. Je crois qu’on en a besoin. »
Des boîtes à mots chez les commerçants
Dans les rues du village, impossible pour Emmanuel de passer inaperçu. Son costume évoque tantôt un gendarme, tantôt un facteur ou un garde champêtre. « Je trouvais ça sympa, du coup c’est reconnaissable »,
explique-t-il.
Le comédien issu de l’école de théâtre a installé des boîtes à mots chez une dizaine de commerçants du village. Chaque semaine, il fait le tour des commerces pour récolter les annonces. Coups de gueule, petites annonces, messages personnels ou déclarations d’amour : tout y passe. « Avant Internet, avant les réseaux, on avait les crieurs »
, se remémore Anne, gérante du magasin « Broc & Brol ». « À l’époque, le crieur, c’était l’heure. Pour dire aux gens : ‘réveillez-vous !' ».
Avant chaque représentation, Emmanuel trie les messages par catégorie pour animer la criée. À 11 heures tapantes, le spectacle commence. Les annonces se succèdent. La séance se termine en dansant, avant que le crieur public ne retire son costume jusqu’à la prochaine représentation.