- Les montres connectées permettent désormais de suivre la qualité de son sommeil au quotidien, en analysant les cycles et la durée des nuits. Mais certains utilisateurs développent une véritable obsession pour ces données, au risque de provoquer des troubles du sommeil.
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Le 20H
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Si vous demandez à Franck s’il a bien dormi cette nuit, son premier réflexe est de consulter sa montre connectée. « Là, ça me dit que je n’ai pas assez dormi »
, 6h28 précisément, « mais que c’était quand même un sommeil de bonne qualité »
, avec une note de 79 sur 100, témoigne-t-il, avec son fidèle compagnon au poignet, dans le reportage du JT de 20H de TF1, à retrouver en tête de cet article.
Sur l’écran de l’appareil, il retrouve le détail de ses différents cycles : le sommeil profond, où l’organisme récupère, et le sommeil paradoxal, celui des rêves. Des datas sur sa vie nocturne qu’il compile depuis cinq ans en un graphique.
Malgré cet usage quotidien, Franck émet des doutes sur la fiabilité des phases de sommeil affichées. Il s’interroge notamment sur la précision des mesures de sommeil profond et paradoxal. « Je ne lui fais pas une pleine confiance sur ce niveau de détails »
, nous confie-t-il, face caméra.
Ces doutes sont confirmés par certaines études scientifiques. Le calcul de ces phases de sommeil manquerait en effet de précision. Seule la mesure de l’activité cérébrale le permettrait, ce que ces montres connectées ne font pas.
Pas un appareil médical
Pas un appareil médical
Loïc Verdier, directeur d’un magasin Fnac-Darty
Dans un magasin spécialisé, pas moins de huit modèles différents sont proposés, de 99 à 800 euros. Les petits capteurs placés sur la peau permettent de détecter les mouvements, de relever le rythme cardiaque et la température du corps. Toutes ces informations sont ensuite analysées par un algorithme. « Ça ne sera pas un appareil médical »
, tempère Loïc Verdier, directeur du magasin Fnac-Darty au centre commercial Westfield Carré Sénart à Lieusaint, en Seine-et-Marne. « Maintenant, ça reste une bonne base qui permet de vous donner des astuces et de progresser pour avoir un sommeil de meilleure qualité. »
C’est précisément ce que recherche Margot. Sa montre connectée est devenue son coach sommeil. Elle lui indique quand se coucher, quand se lever, et comment récupérer lorsqu’elle se sent fatiguée. Des données qu’elle suit scrupuleusement à la recherche de la nuit parfaite. « C’est devenu un rituel »
, nous assure-t-elle. « Si je m’écoute, je ne me coucherais pas à l’heure où l’application me le dit. »
Cette quête obsessionnelle du sommeil parfait porte un nom : l’orthosomnie. À force de vouloir contrôler et optimiser chaque nuit, certaines personnes finissent paradoxalement par développer ou accentuer leurs troubles du sommeil, alerte le Dr Linda Amine. « Quelqu’un qui a un problème d’insomnie a plutôt besoin a priori de se détacher de cette préoccupation »
, explique la spécialiste du sommeil.
L’utilisation intensive de ces montres « peut au contraire amener à être encore plus préoccupé ou crispé. C’est vraiment un cercle vicieux dont on a besoin de sortir. »
Parfois, pour mieux dormir, il suffit de savoir écouter son corps et respecter son rythme naturel.
La rédaction de TF1info | Reportage : Ludovic ROMANENS, Hortense VILLATTE et Alexandre GAUDIN